Salut à tous
un petit mot pour vous raconter mes émotions du spectacle d'Archie Shepp vendredi dernier à Vienne.
Il présentait son projet
Born Free !, une collaboration avec des musiciens, poètes, et slammeur de 3 continents mêlant jazz et rap.
Son crew : Jallal Nuriddin (voc), Rocé (slam), Cheickh Tidiane Seck (kbs), Stéphane Guéry (g), Tom McClung (p), Avery sharpe (b), Pavel Shepp (perc) et Steve Mc Craven (Dms).
Ils nous ont invités à embrasser pendant plus d'une heure les horizons de la musique afro-américaine, passant du jazz cool au slam brutal, en passant par le blues, le boogie avec un détour par le Mali.
Archie Shepp, l'apôtre de la cause des Afro-américains, dont la présence impose le respect, par sa stature d'abord, stature physique et stature dans le temps et l'histoire. N'oublions pas que Shepp est également enseignant de la sociologie du jazz. Sa culture est immense et il sait mettre au niveau des béotiens comme moi une intelligence de la musique.
Manque de bol, il intervenait après Clark Terry qui avait enflammé le Théâtre antique pendant 2 heures de swing et n'a pas forcément trouvé un écho favorable à ses discours de combattant.
Notamment le slammeur Français Rocé a essuyé quelques sifflets, ses textes nous plongeant dans la vindicte des deshérités de la vie.
(un lien vers Rocé qui permet de comprendre pourtant sa richesse :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roc%C3%A9_(chanteur))
Heureusement les "puristes siffleurs" ont pu apprécier les quelques standards dont Shepp nous a fait offrande, et notamment un rappel sur Round Midnight à tirer des frissons à un boucher des Carpates (je m'excuse par avance auprès des représentants de la cause bouchère ou de celle des Carpates qui liraient ceci).
Personnellement j'ai été touchée par l'intelligence et la grâce de Shepp qui à 70 ans met son talent et sa gloire à disposition d'autres interprètes, re-créée, réengage son oeuvre sur des routes nouvelles sans démagogie.
On n'était pas dans le fun ni dans l'effet, on était dans l'essence.
Un artiste qui n'avait rien à prouver à Vienne sinon que les ponts entre la vie et la musique sont indéfiniment à réinventer.