Ce samedi 14 mars, j'ai entendu ce quartet décoiffant à la Spirale, club hyper sympa et hyper jazz dans la vieille ville de Fribourg (Claudes, tu y étais ?)
Marcus Strickland (ts, ss)
David Kikoski (p)
Christopher Smith (b)
Jeff "Tain" Watts (dm)
Voilà un belle brochette de jeunes trenta-quadragénaires qui ravivent le jazz dans sa modernité la plus ébouriffante. Quel enthousiasme, et quelle virtuosité alors qu'ils avouaient être arrivés de NYC le matin même et donc sous le coup d'un jet-lag finalement plus hypothétique que visiblement écrasant...
Deux heures de concert sous amphétamines, avec un "Tain" plus que convaincant, impitoyable dans ses décrochements rythmiques. Les autres n'étaient pas en reste, avec un Kikoski juvénile et monté sur le 220 - même après le gig, au bar, il n'arrêtait pas de sautiller sur place...
Strickland et Smith, plus scolaires eux, ont superbement tiré leur épingle du jeu. Mais les regards complices que s'échangeaient "Tain" et Kikoski faisaient que l'alchimie fonctionnait, et le chaudron bouillonnant de leurs improvisations explosait sour les riffs proprement extraterrestres imposés par le batteur.
Quelle complexité dans les thèmes et même les improvisations ! Déplacements harmoniques et rythmiques, chausse-trapes et autres pièges ont parsemé le chemin musical de ces quatre mousquetaires - mais ils s'en sont joués avec aisance et le sourire aux lèvres. Quant au public, béat et les mains couvertes de cloques à force d'applaudir, il a quitté le club avec un souvenir qui ne s'effacera pas de sitôt.