http://www.djaz51.com/rjf/index.html#HautScofield, que je voyais pour la première fois sur scènes, était là avec l’équipe de l’album
This Meets that sortie en septembre 2007. Formation composé de Steve Swalow à la basse, Bill Stewart à la batterie et d’un ensemble de vents (Trompette, flûte ou sax et Clarinettes basse ou sax).
D’abord j’ai eu un peu du mal à entrer dans le concert. Peut-être à cause du changement d’ambiance par rapport à la première partie assez « impressionniste » de Jean-Philippe Viret. Peut-être aussi à cause d’une entrée en matière assez : « vous allez voir ce qu’on va vous mettre ».
Au fur et à mesure des premiers morceaux, j’essayais de comprendre mon malaise. Et là j’ai un peu honte à l’avouer (moins parce que ce n’est pas politiquement correcte, que parce que ce sont des sentiments pas très généreux) : Les types, en dehors de Scofield qui a plutôt une bonne tronche, ne m’étaient pas sympathiques :
Bill Stewart avec sa gueule de Cow-boy et son jeu de batterie si monstrueusement parfait qu’il en devient comme mécanique, les émotions semblant être comme mimées par un robot incroyablement perfectionné.
Steve Swalow, avec qui j’ai toujours eu du mal, surtout pour son étrange sonorité de basse (ni basse - ni contrebasse) et dont je soupçonne le talent s’exprimer dans des subtilités harmoniques et mélodiques au-dessus de mes capacités de perceptions.
Et puis cette section de cuivre (un peu couverte par la guitare de Scofield) avec un trompettiste qui semble franchement s’ennuyer comme s’il attendait le bus, et les deux anches qui ressemblent à deux type un peu mou dans des bureaux décloisonnés…
Alors j’ai fermé les yeux.
Et là, comme une révélation, j’ai entendu.
J’ai entendu un groove monstrueux, une énergie phénoménale et une maîtrise… de maître !
C’est sûr que la musique qu’ils nous proposaient ce soir-là n’était pas caractérisée par un grand esprit d’innovation, d’aventure ou d’expérimentation. La musique, plus maladroite, de Viret était plus riche dans ces domaines que celle de Scofield, mais ce que ce dernier et ses acolytes nous ont donné à entendre c’est ce qu’ils savent faire, une musique que l’on connaît déjà parce qu’elle s’est déjà imposé, une musique qui est la leur et qu’ils maîtrisent à la perfection.
Le plus étrange c’est qu’a chaque fois que je rouvrais les yeux le charme s’évanouissait comme par magie, un peu comme si la gestuelle de Scofield ne collait pas à son groove si merveilleusement bringuebalant. C’est la première fois que je vivais ce phénomène tout du moins de manière aussi net, j’ai dû finir le concert dans le noir…
Je suis sortie un peu frustré comme si je n’avais pas pu savourer assez de musique, mais assez soufflé quand même, j’avais fait un sacré plein d’énergie.