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Invité Invité
| Sujet: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 14:02 | |
| Comme le forum est beaucoup trop calme en ce moment, j'allume un troll sur un sujet peu abordé ( et je me demande bien pourquoi?
Quelle est votre perception rapport à tous ces jazzmen ( et la liste est très longue! qui ont abusé de drogues le plus souvent dure: cocaine, héroine.... Sont-ils provisoirement meilleurs, comme transcendés dans leurs enregistrements ( pour peu qu'on le sache ) oubien au contraire, y ressentez-vous une déchéance, un manque de virtusité, d'équilibrage musical, etc etc.... gnagnagna....
A vos plumes, vous avez quatre heures!  |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2712 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 19:02 | |
| Oui, Chet,
L’exemple le plus célèbre c’est le « Lover man » du 29 juillet 1946 par Charlie Parker ainsi que les 3 autres morceaux enregistrés ce jour.. C’est pathétique, Bird est complètement à la masse, et pourtant je trouve que ces instants , surtout avec le Lover man, sont bouleversants. Je le soupçonne plus d’avoir été en cold turkey que dopé. Bird ne voulait pas qu’on édite cette session.
Trop de jazzmen ont été emportés par la défonce et/ou l’alcool, la liste est longue. Chet Baker a mis du temps à se remettre de la mort à Paris de Dick Twardzick (p)…
Sinon, il est difficile de deviner si le musicien joue raide ou pas. Ce qui est certain, c’est que ce genre de sessions ou de concerts, il y en a eu des paquets et dans la majorité des cas la qualité est au rendez-vous. Je pense aux années cinquante-soixante de la West Coast.
On dit aussi que certains enregistrements de Coltrane ont été réalisés sous LSD. J’ai un peu de mal à le croire, car il faut quand même pouvoir garder un certain contôle de soi (la-dessus, qu’en pensez-vous ?). _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 19:55 | |
| Désolé, je préviens d'avance, je vais faire un hors sujet en plein et vous allez entendre Chet gueuler. Je ne connais par le sujet de la dorgue dans le Jazz. Par contre j'ai beaucoup pensé au problème "on the rock's". Les Jimmy hendricks, page, et autres pink floyd(s), en passant par joe cocker, van morisson, david bowie.....; ont plus ou moins (plutôt plus) flirté avec LSD, Cocaïne, Alcool, et leur art ne s'en est pas trouvé dégradé bien au contraire. Pour ce qui est de leur santé.... ça les regarde me direz-vous. Beaucoup disent que J. Hendrix n'aurait jamais sorti sa célébre interprétation de "star spangler banner" sans drogue, et que c'est parce qu'il aurait eu une perception déformée de sa musique qu'il l'a jouée aussi distordue. Je me permets de critiquer très vertement l'apport de telles substances dans la musique, car même si ça a aidé à l'évolution de la zique, ça a aussi tué trop grand nombre de zicos. J'aurais bien aimé que Bonham (bonzo pour les intimes) ne meurt pas étouffé dans son vomit, au domicile de Page. Les zicos morts étaient d'abord des hommes, femmes.
Pour ce que je sais de la drogue dans le jazz, ça se limite à Bird, et là aussi je ne peut que déplorer bêtement les ravages sociaux et artistiques de (comme je l'ai déjà dis ailleurs) la drogue, le racisme, et autres abus. Et pour finir, j'aurai une pensée pour Gainsbar, "N'essayez jamais le Freebase, car c'est lui qui vous baise". Mort aussi d'avoir trop essayé pleins de drogue. Mais il me semble trop difficile de jouer du Jazz en étant défoncé, trop technique, mais qu'est-ce qu'ils ont bien pû prndre? Va savoir Charles, au Birdland, on joue comme on aime. |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 20:02 | |
| je gueule pas moi, jamais!
J'essaie juste de rallumer la consommation.... du forum  |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2712 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 20:07 | |
| Oui Jerenico,
C'est pas hors sujet du tout, de toute de façon le modo, ici, c'est moi, ce serait à moi de gueuler, et Chet se débat avec le N°7 de mon BFT.
Cela dit, je pense qu'Art Pepper, n'aurait pas été Art Pepper sans son penchant pour Morphée. Essayez de vous procurer son bouquin "Straight life" paru aux Editions Parenthèses (je crois), c'est sur le sujet et c'est passionnant...
Quand à la citation de Gainsbourg, je me souviens de ses interventions très très moralisatrices et un peu trop courtes. J'ai pas aimé.
Fruscella, grand consommateur de dope et Brew Moore, pas en reste, très mou sur sa chaise, qui pique du nez, les deux chargés comme c'est pas permis.
Ccontrairement aux apparences, la musique est superbe, pleine d'imperfections sans doute, diront les esprits chagrins, mais tellement vraie. Ceux-là jouaient ce qu'ils vivaient, même le plus dur. C'est plus trop le cas aujourd'hui, en ces temps de bienséance convenue et de positions moralistiquement correctes. _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Ven 10 Fév - 22:09 | |
| | Kalidas a écrit: | | Quand à la citation de Gainsbourg, je me souviens de ses interventions très très moralisatrices et un peu trop courtes. J'ai pas aimé. |
il n'a pas eu le temps de faire long.... Mais c'est très vrai qu'il se voulait moralisateur, alors qu'après dieu, grand fumeur de havane, Gainsbar arrivait second et le collait de près. Bah, y a plus Gainsbourg, mais question moralisateur on a ce qu'il faut, juste avant dieu. Le groupe de la france d'en haut, ceux qui grillent les feux, excés de vitesse en pagaille et qui nous font espionner par la junte en bleu, dés qu'on sort de chez nous. Allez, ça y est, je m'énerve encore tout seul, moi. Je vais me shooter au yaourt, ça va me calmer.
je voulais ajouter, que je fais découvrir la musique à mes 2 gars (9 et 12 ans) et je n'oublie jamais de leur dire que le rock ce fut extra, mais qu'il y avait un gros vice bien foireux, et de ne pas suivre cette direction. D'ailleurs à ce sujet, si vous avez "Trust IV", la face B fait une métaphore entre le diable et la drogue, c'est une face concept remarquable, sur 4 chansons ou se déroule toute une histoire. de la première prise à la mort. Ha, bien sur, "faut aimer"  |
|  | | Steven Le Graoully


Age : 22 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 1576 Localisation : Toulouse, France
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Dim 12 Fév - 1:19 | |
| | Ah, ce sujet... Dexter Gordon - Photo courtesy of Herman Leonard
On parle bien de drogues dures, le tabac et la marijuana ne comptent pas (et l'alcool donc?).
Tous les musiciens de jazz qui se droguaient disaient entendre une autre musique lorsqu'ils jouaient ; mais tous souhaitaient que leur entourage n'en prenne pas (Charlie Parker, Ray Charles, ...).
"Comment peux-tu refuser une bière à Bud Powell, tout en sachant que ça va le tuer, si le gars est un génie et qu'il joue comme un Dieu?" : c'est en substance ce que m'a confié le vibraphoniste Michel Hausser qui se souvenait d'une entrée de Bud au Mars-Club (VIIIe arr.) au début des années 60. Bud Powell avait demandé une bière au barman qui la lui avait refusée. Il s'était alors mis en colère, avait viré violemment Art Simmons du piano, et avait joué un morceau pour qu'on ne puisse plus lui refuser sa bière !
Les "accros" à la drogue étaient légion (tous en prenaient!) mais il était dur de s'en rendre compte sur les enregistrements, de même lors des concerts. ("Ca résiste ces choses là!") En attendant ça a fait des ravages : overdoses, arrêts cardiaques, suicides, accidents, ...
Après, on avait droit sur scène à des matches intéressants. Par exemple : Lester Young-Charlie Parker, ou la rivalité alcool-dope...
Si vous vous intéressez aux musiciens de jazz-fumeurs de marijuana, je vous conseille le livre "Outsiders" d'Howard Becker, sociologue de l'Ecole de Chicago et musicien de jazz. _________________ myspace.com/cafeswing |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Dim 12 Fév - 9:16 | |
| | Petite question à nos historiens du jazz: on parle beaucoup au passé là! Mais qu'en est-il actuellement? Est-ce que le milieu est toujours aussi shooté? |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2712 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Dim 12 Fév - 16:21 | |
| On parle du passé, parce qu’on bénéficie du recul historique. Quant à ce qui se passe aujourd’hui, attendons que tout cela appartienne à l’Histoire (à la petite histoire, soit dit en passant). Je ne suis pas à la Brigade des Stups.  _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Steven Le Graoully


Age : 22 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 1576 Localisation : Toulouse, France
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Dim 12 Fév - 20:04 | |
| | chetbaker a écrit: | | Petite question à nos historiens du jazz: on parle beaucoup au passé là! Mais qu'en est-il actuellement? Est-ce que le milieu est toujours aussi shooté? |
A quand le contrôle anti-dopage avant de faire une gig ?  _________________ myspace.com/cafeswing |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Lun 13 Fév - 20:23 | |
| Après ces brillantes interventions, les notes de El Professor
Steven: 10/10 - 2 points en moins pour moqueries envers le Prof: 8/10 Kalidas, même note, même sanction: 8/10 Jeronico, comme dab, hors sujet: zéro!  |
|  | | LeFred Rang: Administrateur


Age : 38 Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 1631 Localisation : Saint-Etienne
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Lun 13 Fév - 20:29 | |
| | chetbaker a écrit: | Jeronico, comme dab, hors sujet: zéro!  |
'tin heureusement que j'avais un mot du medecin pour pas participer (je supporte pas certaines substances !!) sinon je me serai ramassé et je me serai fais secoué pour la signature du bulletin.... _________________ Services informatiques |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Lun 13 Fév - 20:32 | |
| Bah, c'est toujours pareil, c'est toujours moi qui prends, j'en ai marre, c'est vraiment trop injuste. Ho, et puis allez, je vais poser "Garbageman" des Cramps sur la platine, ça me calmera. On est un vieux raleur ou on l'est pas. |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Lun 13 Fév - 22:17 | |
| On pourrait parler plus généralement du rapport entre l'art et l'usage de drogues : voyez Henri Michaux, William Burroughs ou Françoise Sagan.
Des écrivains, tout autant que des musiciens ou des sportifs, ont pris de la drogue.
Maintenant dans le cas de Miles, de Chet Baker ou de Jaco Pastorius, la drogue les rendait difficiles à vivre, mais faisait partie de leur vie, donc de leur musique. Je pense qu'elle a contribué à certains morceaux ou à certaines interprétations.
Un film magnifique sur le sujet : "Round Midnight" de Bertrand Tavernier, fabuleux hommage à Dexter Gordon. Ca renvoie au décalage de l'artiste avec la société, à sa solitude aussi, qui alimente son désespoir.
"Je dis dites-leur et dis-leur De casser la gueule aux dealers Qui dans l'ombre attendent leur Heure L'hor Reur D'min Nuit"
Serge Gainsbourg "Aux enfants de la chance"
Je suis d'accord avec Serge sur ce coup-là ! |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2712 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Jazz et drogues (dures) Lun 13 Fév - 22:27 | |
| En gros, d'accord avec toi, Marcus, mais la fin avec la citation de Gainsbourg "Formons nos milices", je ne supporte pas, c'est un peu court comme solution (finale). J'aime pas du tout. _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
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