 | jazzitude
|
| Aller à la page : 1, 2, 3, 4  | | Auteur | Message |
|---|
tad Ron Carter


Inscrit le : 14 Fév 2006 Messages : 69 Localisation : METZ
| Sujet: Re: WEST COAST Lun 24 Juil - 14:12 | |
| Steven à écrit:
| Citation: | | Merci pour ton intervention, et pour t'être fatigué à écrire. |
J'adhère à 100%. On peut toujours aller voir les sites proposés mais ça ne vaut pas un avis personnels (surtout celui de Kalidas) sur la question. |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Re: WEST COAST Lun 24 Juil - 18:14 | |
| TED BROWN : Free wheeling

Ted Brown (ts) est l’un des représentants de la famille tristanienne (Lennie Tristano, pianiste), l’autre étant celle issue des rangs de celle de Stan Kenton, les deux ayant fourni le meilleur de la WEST COAST, mais sachant que l'une et l'autre se sont souvent partagé les mêmes effectifs (ici, Art Pepper, plutôt kentonien, se joint à des tristaniens), j’insère ici cette branche dans le courant général de la WEST COAST pour simplifier les données (tu parles, Charles) car les musiciens tristaniens ont été, aussi, grosso modo, ceux qui ont été à l’origine de ce que l’on a appelé le « Cool Jazz ».
Et puis aussi parce que sinon je deviens dingue, m’en sors plus moi, voilà !!
Donc, un enregistrement qui est resté longtemps inaccessible et qui avait la réputation d’être une session culte de Ted Brown (culte, parce que rare, Ted Brown n’ayant que très peu enregistré, et souvent citée par les privilégiés qui possédaient ce disque, alors qu’aujourd’hui n’importe quelle sous-merde devient culte parce qu’elle s’est bien vendue ou qu’elle a plu au grand public, le terme est devenu un argument de marketing en dehors de toute considération de qualité, je m’égare mais c’est plus fort que moi).
Toujours ce souci des arrangements en lignes mélodiques qui se croisent et se décroisent, les parties souvent supérieures au tout, mais quand ce tout est sublime, c’est toujours le cas, on se laisse emporter, on touche à la perfection (« Once we were young »). Brown, Marsh et Pepper, il faut les entendre construire ces exposés de thèmes en parfaite télépathie. Sur les chorus, Art Pepper se démarque à tout point de vue, son background étant différent, de Brown et Marsh qui, eux , sont tellement complémentaires dans leur jeu et leur sonorité, ça relève du prodige, qu’il est difficile de les distinguer.
Rythmique tristanienne, pianiste disciple de Tristano, et batteur s’effacant pour n’assurer qu’un rôle ingrat, mais ô combien difficile à maintenir, de support métronomique, la règle chez Trsitano, mais avec quelle grâce et légèreté.
Aretha Long Gone Once we were young Foolin’ myself Avalon On a slow boat to China Crazy she calls me Broadway Arrival
Ted Brown (ts) Warne Marsh (ts) Art Pepper (as) Ronnie Ball (p) Ben Tucker (b) Jeff Morton (dr)
21 décembre 1956
CD Vanguard Records
_________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat
Dernière édition par le Dim 6 Aoû - 12:36, édité 2 fois |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Re: WEST COAST Mar 25 Juil - 20:27 | |
| CONTE CANDOLI : Modern sounds from the West

Conte Candoli (1927-2001) est un des plus solides trompettes piliers de la West Coast. Il serait plus rapide de dire avec qui il n’a pas joué que l’inverse. Est passé par Stan Kenton bien sûr. Puis par toute une série de big bands, le Woody Herman, le Charlie Ventura, le Charlie Barnett, plus tard le Terry Gibbs (terrifiant big band aussi), le Gerry Mulligan, et a joué aussi dans des combos emblématiques de la West Coast, ceux d’Howard Rumsey et de Shelly Manne par exemple (Shelly Manne at the Manne’s Hole, que j’ai présenté ailleurs). Rompu à toutes les situations, il est aussi un excellent bopper.
Sonorité moelleuse, chaleureuse, (rappelle parfois celle de Chet, beaucoup ici en un poil plus nerveux) en petit comité, mais sait faire exploser le biniou dans des aigus puissants, notamment lorsqu’il joue en big band.
Ici, autour de Candoli, vous retrouverez une partie des fines lames de la West Coast :
1~4 : Conte Candoli (tp) John Graas (frh) (c’est-à-dire le cor d’harmonie : l’une des marques de la west coast est l’utilisation fréquente d’instruments typiquement "classiques") Charlie Mariano (as) superbe altiste bien tranchant, et bien nerveux) Marty Paich (p) (exceptionnel compositeur et arrangeur du courant) Monte Budwig (b) Stan Levey (dr)
5~8 : Conte Candoli (tp) Buddy Collette (as, fl) un de ces rares blacks de la West Coast Jimmy Giuffre (cl, ts, bs) (l’un des fondateurs du mouvement) Gerald Wiggins (p) Howard Roberts (g) Curtis Counce (b) (idem Collette) Stan Levey (dr) (le rival de Shelly Manne)
9~12 : Conte Candoli (tp) Hank Jones (p) Barry Galbraith (g) Milt Hinton (b) Osie Johnson (dr)
13~16 : Harry Edison (tp) Herb Geller (as) Bob Enevoldsen (vtb, ts) (trombone-valve et sax ténor, agaçant le garçon !!) Lorraine Geller (p) Joe Mondragon (b) Larry Bunker (dr)
Entre 54 et 56 à Hollywood, mais la session avec Hank Jones, elle, réalisée à NYC en 56, montre que les frontières entre westcoasters et eastcoasters sont souvent bien théoriques.
CD LoneHill Jazz 10166 _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Bob Cooper : The music of Bob Cooper : "Coop !" Dim 30 Juil - 21:50 | |
| 
Bob Cooper (1925-1993), dit « Coop », est un musicien qui a participé à toutes les grandes aventures de la West Coast, resté chez Stan Kenton plusieurs années (entré à 20 ans !), on le retrouve ensuite chez Shorty Rogers et Howard Rumsey entre autres, et non des moindres.
Fin technicien du ténor, à la sonorité mâtinée d’une (bonne) pincée de Zoot Sims et d’un zeste d’Al Cohn, il excelle dans le diaphane sur les ballades (« Day dream »), excellent arrangeur de surcroît (on n’est pas kentonien pour rien), comme ici avec ce « Jazz theme and four variations » de 23 minutes où l’on retrouve Conte Candoli et son frangin Pete avec Don Fagerquist aux trompettes, et Frank Rosolino, le fabuleux, le très grand tromboniste (que je mets largement au-dessus de ses pairs). Coop joue sans vibrato, ni surcharge d’effets, pas d’expressionnisme dans sa pâte sonore, l’émotion se situe ailleurs, dans le je ne sais quoi de détaché, dans la superbe logique de ses phrases, qui font mouche sans avoir l’air d’y toucher, dans les placements, faciles, de ses accélérations (« Frankie & Johnny »).
La rythmique est irréprochable (mention spéciale pour le pianiste Lou Lévy), Vic Feldman est au vibra.
(Bien qu’il n’en joue pas ici, Coop est aussi un très rares spécialistes du hautbois)
Los Angeles, août 1957 CD Contemporary, OJC 161
_________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Coolins, Dick : Horn of plenty Dim 6 Aoû - 16:35 | |
| 
COLLINS, Dick :
Inconnu au bataillon du Dictionnaire du Jazz, Richard Collins (1924 - ????), est un solide trompettiste de la West Coast, qui a joué avec Charlie Mariano, Nat Pierce, Cal Tjader, dans les big bands de Les Brown et de Woody Herman, pas mal tourné avec Paul Desmond et croisé le fer avec tout ce qui se faisait de mieux sous le ciel béni de la Californie des années 50.
N’a sorti que deux albums sous son nom. Celui-ci, son premier, a été enregistré lors d’une tournée à New York, mais il s’agit bien d’une perle West Coast.
Le superbe velouté des saxes, en formule concerto derrière Collins, sur un « Angel eyes », merveille d’équilibre et de souplesse qui se confirme tout au long des plages, le travail d’harmonisation, (particulièrement brillant sur « What a little moonlight can do ? »), des lignes de saxes étant un régal permanent (Nat Pierce et Al Cohn se partagent les arrangements).
En fait, ce disque est un parfait exemple de ce que devrait être une section d’anches quant à la maîtrise des volumes, des nuances, et de l’homogénéité des timbres. Et en réalité, les 5 lascars, « The Runaway Herd », sont depuis longtemps rompus à toutes les ficelles du métier (ils sont les avatars, à part deux d’entre eux, des fameux Four Brothers du big band de Woody Herman) et annoncent, dans l’esprit, ce que sera le groupe Supersax ( par exemple « Supersax play Bird »).
Les interventions de Collins, trompette à la chaleureuse sonorité aux fragrances de sous-bois, sa prédilection pour le registre médium et grave du cuivre, sont de beaux déroulés sur tapis de soie, au lyrisme sobre, et « bien tempéré », -oui, c’est possible : Chet Baker-, et découlent de choix de solutions harmoniques à l’évidente logique, très naturelles, (la note juste au juste moment) et d’un phrasé relax mais, attention, sans mollesse aucune, les notes toujours superbement posées (j’oserais presque penser, chez Collins, à un croisement Armstrong-Baker). C’est aussi cela, la marque West Coast, ce don de jouer dans le raffiné toujours sans avoir l’air d’y toucher.
I’d know you anywhere Angel eyes Tricky Dick Stairway to the stars Very shifty Just as you are What a little moonlight can do My one and only love No soap ! The long night Why was I born Please don’t talk about me when I’m gone
Dick Collins (tp) Dick Hafer, Al Cohn (ts) Bill Perkins (fl, ts) Med Flory (as) Jack Nimitz (bs) Nat Pierce (p) Red Kelly (b) Chuck Flores (dr)
NYC, May 1954
CD RCA
_________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Steven Le Graoully


Age : 22 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 1552 Localisation : Toulouse, France
| Sujet: Re: WEST COAST Lun 7 Aoû - 13:30 | |
| Quels superbes albums tu nous mets là Kalidas !!! Ne t'arrête pas, c'est une trace pour les générations futures ! |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Re: WEST COAST Ven 11 Aoû - 0:12 | |
| Oui Steven,
Je fais une pause jusqu'à la fin août, sauf envie irrépressible.
Je viens d'apprendre, grâce à Libé, que l'expression " bien tempéré", chez Bach signife en fait, je cite : "qu'il utilisait un tempérament (un calcul des intervalles) permettant toutes les transpositions", une sorte de martingale musicale, quoi! Donc, rien à voir avec l'expressivité comme je le croyais, dans ma présentation de Dick Collins. _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Fagerquist Don : Eight by eight, Music to fill a void Mar 15 Aoû - 1:56 | |
| 
Le dictionnaire du jazz ne renvoie en conclusion que sur 2 enregistrements de Don Fagerquist (1937-1974), l’un sous son nom, ce disque, et l’autre une participation en sideman sur l’album signé par Hoagy Carmichael (l’auteur de l’immortel « Skylark » entre autres standards) et ça tombe bien : j’ai les deux, ce qui n’est pas le cas de ma belle-soeur. Les auteurs (Xavier Delors et Jean-Louis Chautemps) concluent leur dythirambique et quasi baudelairienne présentation du trompettiste par ceci : « Beauté au bord du gouffre ».
Ils n’insistent pas, avec ce « Eight by eight », sous-titré « Music to fill a void », le seul enregistrement disponible de Fagerquist (à l’exception d’une demi face de LP, en nonette, combinée à une autre de Dave Pell que je présenterai également), sur les splendides arrangements dûs à la plume de Marty Paich (arrangeur majeur de la West Coast), qui tient aussi ici le piano et dont je parlerai aussi le temps venu. Précisons que Don Fagerquist a participé à une foultitude d’enregistrements en section big band ou en plus petits comités en Californie et ailleurs, ce qui explique peut-être qu’il n’ait que si peu enregistré sous son nom.
C’est sur un « Smoke gets in your eyes » de rêve, (l’utilisation du cor par Marty Paich dans les parties d’ensemble est fantastique) que Fagerquist se révèle superbe, tout de retenue et de finesse mélodiques, avec des phrases fluides, allongées à l’extrême, savamment construites (un « Esay living » à la superbe expressivité) en toute décontraction, permises en cela par un contrôle de l’attaque et de l’émission parfaitement dosées sur tout le registre de l’instrument. Une sonorité lumineuse, et à mille lieues de toute mièvrerie, (encore sur « Easy living ») au service d’un tempéramment très affirmé (son entrée en matière a capella sur « Easy to love) une imagination mélodique sans faille, mais c’est pas dieu possible, il va se casser la figure, le « gouffre », se perdre, et bien non jamais, voilà un très grand musicien. Un petit joyau de disque de trompettiste magnifiquement ciselé par Marty Paich. Un des fleurons du genre.
Mention spéciale pour Herb Geller, l’alto de cette session, qui accomplit un travail de première force (j’y reviendrai aussi).
Aren’t you glad you’re you Easy to love Smoke gets in your eyes All the things you are The song is you Time after time Easy living Lullaby of Broadway
Don Fagerquist (tp) Bob Enevoldsen (vtb) Herb Geller (as) (admirable alto !) Ronnie Lang (bs) Vince DeRosa (frh) Ed Leddy (tp) Marty Paich (p) Buddy Clark (b) Mel Lewis (dr)
CD V.S.O.P. #4, Septembre 1957, Hollywood
_________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat
Dernière édition par le Mar 15 Aoû - 2:08, édité 1 fois |
|  | | chetbaker Papy fait de la résistance


Age : 48 Inscrit le : 26 Juil 2005 Messages : 4769 Localisation : Moselle
| Sujet: Re: WEST COAST Mar 15 Aoû - 1:58 | |
| ben mon vieux  _________________
 |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Ferguson, Maynard : I have but two horns : Plays Bill Holman Ven 15 Sep - 1:08 | |
|
Et comme souvent, chez les musiciens de la West Coast, Maynard Ferguson (1928-2006) pratiquait la polyvalence instrumentale : hormis la trompette, son biniou dominant, il maîtrisait aussi bien le trombone à pistons, le sax baryton que la clarinette et le hautbois. Cette insolente technique m’a toujours énervé.
Par-dessus le marché, Maynard Ferguson s’est révélé très tôt, chez qui, devinez ? Stan Kenton, un spécialiste du sur-aigu, assurant les mêmes partitions que celles de ses voisins de pupitre mais écrites une octave plus haut…On parle alors de trompette stratosphérique (Ferguson a même sorti un album en 54 intitulé « Stratospheric »). Cette étiquette, justifiée malgré tout, l’a si bien poursuivi qu’elle a suffi à le cataloguer définitivement dans la catégorie phénomène de cirque et ça, c’est injuste. La preuve :
Ce double CD regroupe le meilleur en studio des années 55 et 56, l’album «Around the Horn» et «Maynard Ferguson Octet », à l’origine sortis chez Emarcy. La majeure partie des arrangements est due à Bill Holman, le spécialiste de l’écriture en contrepoint, aux lignes tournant autour du thème, le suggérant et procurant ainsi cette sensation d’élargissement et partant d’aération de la dimension orchestrale. Bill Holman, superbe joueur de ténor par ailleurs est, avec peut-être Marty Paich, l’un des meilleurs arrangeurs de jazz de la West Coast, et du Jazz tout court.
Les formations se composent du meilleur de la crème, entre autres : Conte Candoli (tp), Buddy Childers (tp), Milt Bernhart (tb), Herb Geller (as), Bill Holman et Georgie Auld (ts), Bob Gordon (bs) ou Bud Shank (bs ! également), Shelly Manne (dr), aux basses : Red Callender, Red Mitchell et, et…chut !
Je vais pas vous faire les 25 morceaux, mais on peut retenir dans la première partie, un chorus magique de Bob Gordon, troublant de mimétisme lesterien (à la Lester Young), sur le très basien « Inter-space », puis, du même, une approche toute chalofienne (Serge Chaloff), c’est tout aussi étonnant, sur « Super-G ». Dans la seconde partie, postérieure, la basse est tenue par Mister Ray Brown en personne sur les huit premiers morceaux. L’orchestre se lâche véritablement, porté par la puissante présence de Brown, Gary Frommer aux drums, et l’architecture de Bill Holman, c’est flamboyant, souple, implacable. Tout est magnifique de swing, les solistes (Herb Geller, incisif, concis, sur « Life ain’t it grand ? » toujours grandiose), l’homogénéité des ensembles trompettes et des saxes, ces derniers splendides, à la Four Brothers, sur « Dancing nitely », et la pulse bien élastique sur des tempis parfois redoutables.
Et Maynard Ferguson, le leader, car il s’agit bien aussi de lui, nous sert des interventions brillantes à la dynamique bien calibrée, sans jamais abuser du sur-aigu, ou alors toujours très à propos, et nous prouve qu’il savait être un trompettiste (et tromboniste) à la palette sensible et complète. Sonorité pleine, avec une belle brillance, phrases au tempo intérieur démultiplié par un usage choisi des appogiatures (petits coups de triolets d’ornementation, en croches, doubles-croches) et du vibrato notamment sur les ballades, autant de subtiles et bénéfiques entorses à l’esthétique habituelle californienne.
Hollywood, 1955-1956, double CD Fresh Sound Records FSR 2209, sorti en 2005 _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat
Dernière édition par le Mar 3 Oct - 23:41, édité 1 fois |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Geller, Herb / Lorraine Geller : Two of a kind Mar 3 Oct - 23:28 | |
|  Altiste californien inévitable, Herb Geller (1928-?) a joué avec : Chet Baker, Buddy Bregman, Clifford Brown, Ray Brown, Conte Candoli, Don Fagerquist, Maynard Ferguson, Bob Florence, Russell Garcia, Francy Boland, Bill Holman, Quincy Jones, Stan Kenton, Barney Kessel, Anita O’Day, Marty Paich, Art Pepper, Howard Rumsey, Shorty Rogers, Jack Sheldon, Earle Spencer, Mel Tormé et j’en oublie certainement… Il faut bien avouer qu’il n’est pas évident de le distinguer d’un Bud Shank voire même d’un Phil Woods première manière. Il se rapprocherait du premier par une sonorité plutôt boisée, peu cuivrée, un peu moins tranchante sans doute, et du second par une couleur bopisante (il y a vraiment quelque chose d’un peu plus black chez lui : « Blues in the night ») nettement plus marquée que chez d’autres altistes de la West Coast (Desmond bien sûr, Pepper, Konitz, Mariano, McKusick). C’est donc un altiste californien, belle charnière stylistique faite d’épure à la Benny Carter et de scories à la Bird (ses deux influences majeures de jeunesse), oscillant entre ces deux poles avec cet art consommé du virtuose libéré de la technique, totalement détaché des contingences de l’instrument. C’est quand même stupéfiant cette maîtrise du biniou chez ces altistes californiens et particulièrement chez Geller, qui pourrait faire swinguer le Bottin sans problème, je n’en reviens toujours pas. Et n’en ai d’alleurs pas la moindre intention : Superbe d’élégance sur les tempos lents « Two of a kind », fulgurant sur les plus rapides (impressionnants, ses stop-choruses sur « Arapahoe »), parfait usage de la sinusoïdale, à l’amplitude bien équilibrée, du vibrato en fin de phrases (mais ça, ça va de soit, sinon, au milieu, ça fait chèvre). Fresh Sound nous offre la réunion de 3 LPs et d’un LP 4 titres (un 45 tours, quoi), soit 37 morceaux dont 33 en quartet, ou l’intégrale de juillet 54 à août 55. Les rythmiques nous proposent à la basse : Curtis Counce, Red Mitchell et le génial Roi du Vinaigre ; à la batterie : Roy Harte, Mel Lewis, et l’obscur Eldridge Bruz Freeman. Conte Candoli (tp) et le parfait inconnu Mel Ziggy Vines (ts) soufflent sur 4 titres. Un mot encore sur Lorraine Geller (p) qui accompagna son soufflant d’époux, jusqu’à sa mort prématurée, à l'âge de 30 ans : un zeste de Bud, un soupçon d’Horace Silver, des lignes affirmées, un peu trop en avant sur les plages plus intimistes ? elle n’est pas pour rien dans cette touche bop de l’inspiration d’Herb Geller. Une Muse parfaite. 1954-1955, Hollywood, double CD Fresh Sound Records 412, sorti en 2006 _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Re: WEST COAST Mar 3 Oct - 23:53 | |
| Steven, merci
j'ai corrigé ma bévue
(ouf ! Chet n'y a vu que du feu) _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat |
|  | | Steven Le Graoully


Age : 22 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 1552 Localisation : Toulouse, France
| |  | | chetbaker Papy fait de la résistance


Age : 48 Inscrit le : 26 Juil 2005 Messages : 4769 Localisation : Moselle
| Sujet: Re: WEST COAST Mer 4 Oct - 2:18 | |
| | Kalidas a écrit: | Steven, merci
j'ai corrigé ma bévue
(ouf ! Chet n'y a vu que du feu) |
gné?  _________________
 |
|  | | Kalidas Jazzayatollah


Age : 49 Inscrit le : 28 Nov 2005 Messages : 2637 Localisation : Paris
| Sujet: Gibbs, Terry : Terry Gibbs Dream Band, Main Stem, Vol.4 Dim 15 Oct - 20:04 | |
| Belle pochette, non ? :
 Ce que j’adore, avec ce big band de Terry Gibbs (1924- ?), et sans compter avec l'exemplarité de l’exécution (quand on voit la liste du personnel, rien d’étonnant à cela), c'est qu'on se trouve immédiatement en présence du parfait exemple du big band californien, gorgé de souplesse et de punch (ce magnifique tempo, lent, de « You don’t know what love is »), tout y passe, les phrasés de la section de saxes, comme un seul homme, les timbres des cuivres, comme un seul homme, des jeux de nuances même sur les fortissimos, c’est renversant sur « Sweet Georgia Brown », mise en place redoutable des articulations et des riffs d’ensemble. Faut dire aussi que le support du bassiste Buddy Clark et de Mel Lewis (dr) est splendide. Mel Lewis donnant là une leçon de drumming en big band. Un superbe monstre qui propulse les solistes (Terry Gibbs au vibra, Rosolino au trombone, Joe Maini à l’alto, Conte Candoli à la trompette, Kamuca et Perkins au ténor) sur un acier rutilant, poli par les arrangements des plus grands de la West Coast : Bill Holman, Shorty Rogers, Manny Albam et Al Cohn ! On est en janvier 61, c’est un sursaut avant la désaffection du public pour ces « machines » que la critique considérait déjà comme désuètes (le « Free jazz » d’Ornette Coleman sortira en mai), les coûts de fonctionnement asphyxiaient les projets, et ce Terry Gibb’s Big Band est un peu comme le chant du cygne… La prise de son est exceptionnelle, vraiment ! Joe Maini, Charlie Kennedy (as) Richie Kamuca, Bill Perkins (ts) Jack Nimitz (bs) Al Porcino, Ray Trisccari, Conte Candoli (tp) Stu Williamson, Frank Huggins (tp) Frank Rosolino, Vern Friley, Bob Edmondson (tb) Pat Moran (p) Buddy Clark (b) Mel “The Taylor” Lewis (dr) Janvier 61, Live, Hollywood, CD Contemporary 7656, sorti en 2002 Il y a 5 volumes au total, de la même qualité… _________________ "Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat
Dernière édition par le Mar 27 Mar - 22:33, édité 3 fois |
|  | | |
| Page 2 sur 4 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| | |
|