Hier soir, la Grande halle de la Villette, again.
Tout d'abord l'annonce d'un concert avec Ahmad Jamal, Archie Shepp et Yusef Latteef a provoqué un certain scepticisme.
Pour ma part, si je voyais comme évident l'association des deux saxes, (comment se fait il qu'elle n'ai jamais eu lieu, sur scène ou en studio ?) l'intrusion de Jamal et la sophistication de son style me paraissait comme a haut risque pour le résultat a entendre et pouvait engendrer une simple et seule juxtaposition de musiciens qui, certes, jouent ensembles mais ne se rejoignent jamais.
Cela restera de l'ordre de la supposition, puisque hier soir, le vol que devait prendre le pianiste a Bogota a eu quelques soucis et ne lui a pas permis d'être présent au concert.
Remplacé (remplace t on vraiment un tel pianiste ?) par Tom McLung, qui ma fois, a parfaitement jouer son rôle d'organisateur de la rythmique.
Wayne Dockery à la basse, excellent et qui mettra tout ce sextet d'accord sur un morceau trop longuement erratique, en infusant un gimmick répétitif qui calera et inspirera tout ce joli monde.
Steve McCraven a la batterie et le très créatif Leon Parker, limité ici (si je puis dire) aux percussions.
Le concert a commencé sur le mythique U-Jaama (concert de 75 a Massy, un des plus grands de la décennie, si si, malheureusement salopé pour l'enregistrement. 34 plus tard, je ne décolère toujours pas !)
Superbe énergie avec un Shepp rajeuni et fluide. La barre était mise très haut dès le départ.
Puis une longue mélodie entêtante, comme seul Yusef Lateef sait la faire vivre et miroiter. Une grande joie et tendresse de voir Lateef (89 ans !) assis au milieu de la scène, avec tout son attirail a portée de main.
Plaisir de l'écouter a la flûte traversière, pendant que Shepp virevolte autour de la mélodie au soprano.
La rythmique, très inspirée pendant tout le concert, nous a présenté un magnifique écrin, ou les deux souffleurs, tantôt suaves et déliés, tantôt rugueux et angulaires, ont littéralement vampé la salle.
Un classique Round Midnight au premier rappel, puis un deuxième... et Yusef Lateef, qui a poussé, après Shepp, une longue complainte, pour qu'on l'aide a traverser une certaine rivière... Poignant.
Très beau concert et à la sortie, fou d'amour pour ces deux musiciens. Quelle joie de les avoir vu jouer ensembles.
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Le Jazz est un alcool et je suis en perpétuel état d'ébriété.