Te faire houspiller, un peu mon neveu :
Jerenico, Jerenico, où vas-tu te fourvoyer ?
« Bon, ben après Trane », comme si il pouvait y avoir un après-Trane, es-tu certain de ne pas faire un rejet, apparemment la greffe n’a pas pris, quel dommage ! es-tu sûr qu’il n’y a pas de mélodie ni rythme chez Coltrane (et chez ceux qui l’accompagnent McCoy Tyner, Garrison ou Workman, et Elvin, ELVIN- car Coltrane n’aurait pas été Coltrane sans la rythmique qu’il s’est choisie, on est d’accord).
« Quelque chose de moins mathématique et de plus sensuel » ??? mathématique, Coltrane ? les impros de Coltrane, mathématiques ? Tu veux dire : froides, mécaniques, calculées ? Pas de sensualité chez Coltrane ?, Alors qu’il sortait de certains de ses chorus avec hémorragie nasale ? Que Jimmy Garrison, son contrebassiste, se retrouvait les doigts en sang ? (Authentique : propres déclarations de l’intéressé).
Es-tu sûr que ce n’est pas plutôt l’auditeur qui ne pouvant entendre ce qu’il VEUT ENTENDRE en rejette la faute sur ce qu’il n’est pas prêt à recevoir, Coltrane ?.
Oui, on n’est pas dans la compréhension immédiate, l’évidence, la facilité, oui Coltrane ne flatte pas notre penchant (et je ne m’exclus pas) à la paresse intellectuelle.
Pour preuve, Frank Ténot, qui était un grand critique du jazz, participait, il l’a avoué à sa grande honte, quel mérite !, à la curée générale en 61, à l’Olympia, en sifflant Coltrane pendant ses chorus, (certains balançaient même des pièces de monnaie sur la scène comme des cacahuètes à un singe),. Et que répondait Coltrane ? : « oui, ils m’ont sifflé parce que je n’ai pas assez bien joué » Admirable, cette conscience inébranlable de la légitimité de ce que l’on fait malgré tout et tous.
La mélodie ? elle est dans un ailleurs, dépassée, transcendée, retournée vers un monde de quête intérieure, elle chasse au loin la Grande Faucheuse dans une dimension où ritournelles, accroches faciles, n’existent plus et sont balayées depuis longtemps. La musique de Coltrane, c’est de l’espace à quatre dimensions, de la vitesse, de la lumière, du temps dans le temps (peut-être as-tu raison, Einstein n’est pas loin). Avec Coltrane, on est au-delà de tout, et c’est à nous d’aller l’y retrouver.
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"Le jazz ? une musique de jeunes qui veulent rester vieux" Bernard Lubat