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| Sujet: La harpe jazz Mar 21 Mar - 17:24 | |
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Quelques âmes charitables comme erasme m'ont conseillé ici même d'écouter le groupe "Ocean" dirigé par la harpiste Isabelle Olivier, j'ai donc commencé à écouter plusieurs morceaux, comme "Eaux bleues", "Ressac" et "Sablier" (mon préféré pour le moment) inspirés parfois par la musique celtique...
La harpe chromatique (à pédale) étant un instrument très rare (en jazz comme en rock d'ailleurs...), elle mérite bien qu'on lui consacre un petit topic à part. |
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Steven Le Graoully


Age : 22 Inscrit le : 04 Jan 2006 Messages : 1599 Localisation : Toulouse, France
| Sujet: Re: La harpe jazz Mar 18 Déc - 18:52 | |
| Alain Antonietto vient de me faire découvrir le quartet Harpiswing mené par la harpiste jazz Christine Lutz, ça a sacrément de la gueule !
Il y a des extraits sur http://www.harpiswing.com/ (album uniquement dispo par commande sur le site)
Et comme Alain fait toujours les choses bien, il a fait dans la foulée un petit historique de la harpe dans le jazz :
| Alain Antonietto a écrit: | | « en dehors de toutes les qualités d'ensemble de ce swingant quartet, c'est l'exceptionnel phrasé jazz de la harpiste Christine Lutz qu'il faut souligner. Exceptionnel, car si d'autres jazzmen se sont illustrés sur ce difficile instrument, rares sont ceux qui ont réussi à en affermir le jeu et éviter les sempiternelles cascades d'arpèges impressionnistes. Citons pour mémoire les pionniers Casper Readon employé par Jack Teagarden dès 1934 et Adèle Girard dans les orchestres de Joe Marsala et Eddie Sauter, sans oublier Harpo Marx qui, avec son quartet, était plus jazz que dans ses apparitions burlesques sur le grand écran... L'Europe des années 40, avec la vogue swing des ensembles à cordes, ne pouvait négliger la harpe et donnait ainsi sa chance à Pierre Spiers (septuor à cordes de Michel Warlop), Harry Chapman (Stéphane Grappelli swingtette), David Bee (Chas Dolne Hot club) ou Rudi Bohn (Helmuth Zacharias). La période " moderne " des années 50, avide d'expériences sonores, voit la harpe de Verlye Mills intégrer le Charlie Parker "With strings", celle de Corkie Hale s'exprimer au côté d'Harry James et Herbie Harper, tandis que celle de Dorothy Ashby s'imposait chez Woody Hermann et même auprès de Louis Armstrong ! Mais à vrai dire, cet instrument n'était le plus souvent utilisé que pour donner une couleur sonore originale, et les chorus restaient épisodiques : Betty Glamann sera ainsi employée dans les big-band de Dizzy Gillespie, Duke Ellington et Miles Davis/Michel Legrand; tandis qu'en France, la grande virtuose classique de la harpe, ouverte à tous les genres musicaux, Lily Laskine, succéderait sans façon à Pierre Spiers dans les ensembles "Sweet" de S. Grappelli-François Vermeille... Enfin, quand on aura évoqué l'approche free (et "indienne"!) d'Alice Coltrane (1966), celle résolument plus swing du harpiste sinti Reinhold "Panzeli" Frantz au sein du quintette "La Romanderie" (1974) et le groupe "Océan" d'Isabelle Olivier, plus récemment, nous aurons fait à peu de choses près le tour "jazz" de cet imposant instrument. Trop souvent associé à son ornementation surchargée et baroque, à la blondeur gracile et à la longueur des robes de ses concertistes, la harpe méritait mieux, en la personne de Christine Lutz. celle ci détonne un peu évidemment ! Non pas qu'elle soit le moins du monde une "harpie" du "harpiswing"! Loin de là : Elle en garde la blondeur et la grâce-certes-mais son vigoureux phrasé, plein de drive et de swing, la touche bop de ses harmonies, font un sort définitif aux stéréotypes attachés à l'instrument. D'ailleurs, ce n'est plus véritablement une harpiste s'adonnant au jazz, mais plutôt une jazzwoman s'exprimant sur une harpe, tout comme elle le ferait sur un piano, un sax ou une guitare. Du grand art en somme! Un art qui aurait sans nul doute épaté Nicanor Zabaletta lui-même (le Paganini de l'instrument) dont on raconte qu'il fut conquis un jour par la prestation d'un Harpo Marx (autodidacte) lui faisant cependant remarquer qu'il tenait sa harpe du mauvais côté. Qu'à cela ne tienne : Harpo, impavide, inversa son instrument et continua à jouer avec la même aisance ! » |
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