Ferguson, Maynard : I have but two horns : Plays Bill Holman

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Ferguson, Maynard : I have but two horns : Plays Bill Holman

Message  Kalidas le Jeu 14 Sep 2006 - 22:58

[center][img]http://img108.imageshack.us/img108/3350/fergusonqe3.jpg[/img][/center]

Et comme souvent, chez les musiciens de la West Coast, Maynard Ferguson (1928-2006) pratiquait la polyvalence instrumentale : hormis la trompette, son biniou dominant, il maîtrisait aussi bien le trombone à pistons, le sax baryton que la clarinette et le hautbois. Cette insolente technique m’a toujours énervé.

Par-dessus le marché, Maynard Ferguson s’est révélé très tôt, chez qui, devinez ? Stan Kenton, un spécialiste du sur-aigu, assurant les mêmes partitions que celles de ses voisins de pupitre mais écrites une octave plus haut…On parle alors de trompette stratosphérique (Ferguson a même sorti un album en 54 intitulé « Stratospheric »). Cette étiquette, justifiée malgré tout, l’a si bien poursuivi qu’elle a suffi à le cataloguer définitivement dans la catégorie phénomène de cirque et ça, c’est injuste. La preuve :

Ce double CD regroupe le meilleur en studio des années 55 et 56, l’album «Around the Horn» et «Maynard Ferguson Octet », à l’origine sortis chez Emarcy. La majeure partie des arrangements est due à Bill Holman, le spécialiste de l’écriture en contrepoint, aux lignes tournant autour du thème, le suggérant et procurant ainsi cette sensation d’élargissement et partant d’aération de la dimension orchestrale. Bill Holman, superbe joueur de ténor par ailleurs est, avec peut-être Marty Paich, l’un des meilleurs arrangeurs de jazz de la West Coast, et du Jazz tout court.

Les formations se composent du meilleur de la crème, entre autres : Conte Candoli (tp), Buddy Childers (tp), Milt Bernhart (tb), Herb Geller (as), Bill Holman et Georgie Auld (ts), Bob Gordon (bs) ou Bud Shank (bs ! également), Shelly Manne (dr), aux basses : Red Callender, Red Mitchell et, et…chut !

Je vais pas vous faire les 25 morceaux, mais on peut retenir dans la première partie, un chorus magique de Bob Gordon, troublant de mimétisme lesterien (à la Lester Young), sur le très basien « Inter-space », puis, du même, une approche toute chalofienne (Serge Chaloff), c’est tout aussi étonnant, sur « Super-G ». Dans la seconde partie, postérieure, la basse est tenue par Mister Ray Brown en personne sur les huit premiers morceaux. L’orchestre se lâche véritablement, porté par la puissante présence de Brown, Gary Frommer aux drums, et l’architecture de Bill Holman, c’est flamboyant, souple, implacable. Tout est magnifique de swing, les solistes (Herb Geller, incisif, concis, sur « Life ain’t it grand ? » toujours grandiose), l’homogénéité des ensembles trompettes et des saxes, ces derniers splendides, à la Four Brothers, sur « Dancing nitely », et la pulse bien élastique sur des tempis parfois redoutables.

Et Maynard Ferguson, le leader, car il s’agit bien aussi de lui, nous sert des interventions brillantes à la dynamique bien calibrée, sans jamais abuser du sur-aigu, ou alors toujours très à propos, et nous prouve qu’il savait être un trompettiste (et tromboniste) à la palette sensible et complète. Sonorité pleine, avec une belle brillance, phrases au tempo intérieur démultiplié par un usage choisi des appogiatures (petits coups de triolets d’ornementation, en croches, doubles-croches) et du vibrato notamment sur les ballades, autant de subtiles et bénéfiques entorses à l’esthétique habituelle californienne.

Hollywood, 1955-1956, double CD Fresh Sound Records FSR 2209, sorti en 2005

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