Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

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Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Steven le Lun 24 Déc 2007 - 17:54

Selon Radio-Canada, Oscar Peterson vient de nous quitter !

[url]http://www.cyberpresse.ca/article/20071224/CPFRONTPAGE/71224144/6488/CPACTUALITES[/url]

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Dr.Jazz le Lun 24 Déc 2007 - 18:02

Putain merde en effet.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Barney le Lun 24 Déc 2007 - 18:22

Alors, on s'en jette une dernière avant d'aller à l'abattoir*

http://fr.youtube.com/watch?v=nKKpoCy0a5Y







[size=7]* sous entendu bouffer en famille gnagnagna[/size]

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  captainbop le Mar 25 Déc 2007 - 6:53

[center]Encore un témoin, et acteur, de moins !
*
[URL=http://imageshack.us][img]http://img502.imageshack.us/img502/6784/petersonoa0.jpg[/img][/URL][/center]

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Barney le Mar 25 Déc 2007 - 7:59

Gromit, des souvenirs d'Oscar ? Il était à Marciac en 2003 je crois bien

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  PeeWee le Mar 25 Déc 2007 - 9:40

et merde... un grand,un tout tout grand... quel choc

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Gromit le Mar 25 Déc 2007 - 11:00

Triste Noèl....

Je ne l'ai pas vu a Marciac, mais a La Haye, et ça remonte a un paquet d'années...

Faisait partie du décor depuis si longtemps ...

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Pascal le Mar 25 Déc 2007 - 11:18

Je ne sais pas si c'est triste quand un musicien comme lui s'en va à plus de 80 ans et en ayant eu une carrière aussi fantastique. Et quel plus bel hommage vous pourriez lui rendre en rappellant ses oeuvres désormais immortelles.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Duppy le Mar 25 Déc 2007 - 12:28

Entièrement d'accord avec Pascal.

Oscar Peterson, a mon goût, c'était aussi à la fois le meilleur et le pire du jazz. Un swing incroyable, une élégance et un accompagnateur hors pair, et aussi quelques facilités. A la fois personnel et impersonnel.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  captainbop le Mar 25 Déc 2007 - 21:13

Bonsoir,

Recu ce jour ce texte de Serge Forté :

Pianiste Canadien né le 15 Août 1925 à Montréal . Oscar Peterson est pour moi le dernier des géants du piano, le gardien de cette flamme éternelle commencée vers 1857 par ce jeune esclave noir aveugle de 7 ans, Thomas Bethune dit Blind Tom, exhibé dans toute la Géorgie par son maître.
Il y a là déjà toute une symbolique qui allait faire du Jazz un moyen de révolte et d'expression de toute la communauté noire et qui a des répercussions jusqu'à aujourd'hui avec le label Motown ou les revendications du rap par exemple.

Oscar donc, ainsi que tous ses confrères, ne furent pas plus privilégiés que les autres du fait de leur statut " d'artistes " et ce, pendant de nombreuses années: hôtels miteux réservés aux musiciens noirs alors que leurs collègues blancs étaient logés dans de superbes palaces, insultes jounalières voire menaces physiques étaient le lot quotidien… Ne disait-on pas à l'époque dans la communauté noire que le Be Bop n'était autre que le son que faisait les matraques des policiers blancs quand elles s'écrasaient sur la tête des musiciens noirs! …
Hors interview, Oscar Peterson m'a raconté qu'un jour, descendant d'un avion avec Ella Fitzgerald, Norman Granz et Ray Brown, ils furent accostés par un gros flic avec un gros pistolet qui a commencé à injurier Norman Granz parce qu'il montait dans le même taxi que des sales nègres, menaçant même de le tuer s'il continuait!!! Heureusement pour l'histoire de la Musique ce gros porc n'eut pas l'audace de mettre ses menaces à exécution …
Une autre fois, juste après la guerre de 39/45 Oscar et Ella étaient à Paris et prenaient tranquillement un verre dans un bar quand ils se firent apostropher par toute une bande de marins américains qui commencèrent à les insulter violemment sous pretexte qu'ils se trouvaient en présence de blancs...
Et là, à leur grande surprise, tous les autres consommateurs blancs du bar vinrent se mettre à côté d'eux devant des marins qui quittèrent les lieux totalement dégouttés …

Si je me suis permis ce petit préambule, c'est qu'il faut être conscient de tout cela quand on écoute Oscar Peterson. Il n'a jamais dévié sa route, n'a jamais tourné le dos au Blues même quand le Jazz était en perte de vitesse et que d'autres musiques plus alléchantes (et certainement plus lucratives) attiraient de nombreux musiciens. D'où ses critiques un peu acérées envers certains! (cf. interview).

J'ai commencé à réellement étudier l'art d'Oscar Peterson lorsque je me suis rendu compte lors du stage que j'ai fait en 1987 que je n'étais pas capable de jouer un blues traditionnel!!!
Nous étions en atelier avec John Abercrombie et lorsqu'il me demanda d'attaquer un blues je jouais immédiatement des accords complexes un peu à la Chick Coréa que j'aimais beaucoup à l'époque.
Il me repris tout de suite en me demandant de jouer dans le style Louisianna ce qu'il me fût tout à fait impossible de faire …
A la suite de cette expérience malheureuse mais ô combien profitable j'entrais de plein pied dans le monde d' Oscar Peterson ! Je peux dire aujourd'hui que je suis très reconnaissant envers John Abercrombie de m'avoir ainsi ouvert les yeux car cette musique est rayonnante de gaité, de swing, et très formatrice question technique du piano ! D'ailleurs il n'est pas rare que pour me chauffer les doigts je rejoue un ou deux solos d'Oscar et je peux vous dire que cela dérouille vite!!!

Aujourd'hui je suis fier de lui avoir consacré deux disques : Live in Paris et Made in N.Y. et surtout d'avoir pu le rencontrer (cf. La petite histoire des disques) et de l'interroger…
Place donc à l'interview de Monsieur Oscar Peterson …


INTERVIEW OSCAR PETERSON par Serge Forté

Serge Forté : Monsieur Peterson, beaucoup vous considèrent comme le dernier grand pianiste de Jazz et d'autres n' hésitent pas à penser qu'il n'y a plus de grands créateurs aujourd'hui. Qu' en pensez-vous?
Oscar Peterson : Je pense que le Jazz aujourd'hui est dans une très dangereuse position en tant que forme artistique. Il y a tellement d'argent derrière la musique, celle-ci est devenue si commerciale que le Jazz, tout comme d'ailleurs la musique classique, est actuellement très menacé.

SF : Et que pensez-vous, en particulier, des pianistes de Jazz?
OP : Il y a un certain nombre de pianistes qui selon moi ont du talent. Je suppose que vous parlez des pianistes actuels ?
SF : Oui, je pense en particulier à Keith Jarrett, le pianiste phare d'aujourd'hui.
OP : Et bien voyez-vous, je ne pense pas que Keith Jarrett puisse réellement aider le Jazz, car il est si différent. Il n'est ni pianiste de Jazz, ni pianiste classique. Non, si on parle de pianistes de Jazz, il faut pouvoir les évaluer en tant que tels. Keith donne un concert classique, puis peu après un concert de Jazz, et on ne sait jamais réellement où il se situe. Pourtant, je pense que Keith est un pianiste de grand talent, dans son domaine. Maintenant, si on parle des pianistes actuels, je pense surtout à Benny Green et à Michael Mc Donald.

SF : Que pensez-vous de l'évolution du jeu du batteur? Pourriez-vous par exemple jouer avec Jack Dejohnette?
OP : Ce n'est pas le type de batteur avec lequel je jouerais en premier ! Je pense qu'il convient parfaitement à des gens comme Keith ou Chick Coréa. Voyez-vous, je mets beaucoup de pression dans mon jeu afin qu' un batteur puisse me renvoyer le même type de pression. Cela me permet de mieux jouer. Vous savez, je n'ai rien contre Jack Dejohnette, mais parfois les batteurs sortent de leur élément, de leur monde, le rythme devient flottant, et ce n'est pas du tout pour moi ! J'aimais Max Roach, Art Blakey, car ils étaient définitifs et c'est certainement pourquoi j'aime Martin Drew ou Ed Thigpen, car on sait toujours ce qu'ils font.

SF : A propos de batteurs, je voulais depuis longtemps vous poser une question d'ordre technique: de quelle manière avez-vous travaillé ces accents que vous mettez sur certaines notes , même dans vos chorus les plus rapides, car j'ai l'impression d' entendre un phrasé de caisse claire?... OP : Vous voulez dire les attaques? Eh bien, la musique est une langue, n'est-ce pas? Lorsque je parle, j' accentue certaines syllabes, et quand je suis au piano , c'est la même chose . Le fait de chanter mes phrases à l'avance y contribue aussi.

SF : Dès lors, pensez-vous qu'il soit réellement important pour un pianiste de Jazz d'avoir une formation classique?
OP : Je pense que cela dépend du talent de chacun. D'un côté, pour quelqu'un comme Errol Garner, qui avait un don si naturel, ce n'était pas nécessaire. D'un autre côté, la rigidité de l'apprentissage de la musique classique vous apprend le respect de l'instrument, et vous donne la possibilité de l'exploiter à un niveau bien plus approfondi qu'en apprenant par vous-même . Dans le piano classique, il y a tant de nuances, que vous ne pouvez arriver à le comprendre si vous commencez seulement à jouer et que vous ne savez pas ce que vous faites. Si vous étudiez le classique comme je l'ai fait, et un grand nombre de gens le font, votre professeur vous dit où placer les nuances et c'est très difficile d'être capable de le faire. Il n'y a qu' en jouant de la musique classique que l' on y arrive. Avez- vous eu une formation classique?
SF : Oui, pendant de longues années .
OP : Donc vous savez de quoi je parle?
SF : Oui, bien sûr! Mais je pense que la principale lacune de l'enseignement classique est de ne pas former à l'improvisation.
OP : Oui, c'est regrettable, mais on ne peut pas apprendre la musique classique de cette façon car elle a été écrite pour être jouée exactement. Mon professeur, Paul Le Marquis, me faisait travailler une oeuvre classique et ensuite il me demandait comment je l'entendais. Je répondais hé bien, pas exactement de cette façon, mais je n'y pouvais rien changer car je ne l'avais pas écrite moi-même. Si cela avait été une de mes compositions , j'aurais pu prendre la liberté de changer quelque chose, mais comme il s'agissait du morceau de quelqu'un d'autre, je devais le respecter. Et dans le Jazz c'est la première chose que l'on doit apprendre: vous devez respecter ce que vous jouez. Si vous ne l'avez pas compris, vous n'improvisez pas , vous vous égarez.

SF : Avez-vous déjà joué de la musique classique en public?
OP : Oui, quand j'étais très jeune, 15 ou 16 ans. A l'époque pour moi, c'était la musique classique d'abord, et loin derrière, le Jazz. C'était avant mon départ du Canada.

SF : Comment avez-vous construit votre style dans les années 40, sans les moyens que nous avons aujourd'hui pour écouter de la musique?
OP: Surtout avec un énorme désir . Je voulais être capable de jouer du Jazz, donc en finir avec la tradition classique et je me disais je veux le faire et je devais y croire. Ce n'était pas facile parce qu' il n'y avait pas de professeurs.

SF : Comment avez vous fait pour aborder le style de quelqu' un comme Art Tatum auquel on vous compare souvent si l'on se réfère uniquement au style traditionnel?
OP : Je vous l'ai dit, j'ai appris le respect par ma formation classique et donc j'ai aussi appris à respecterArt Tatum. La plupart des gens qui l' écoutent disent : Mon dieu ! il peut jouer si vite tant de notes ! Çà ne signifie rien pour moi, ce n'était pas celà qui m'intriguait, c'était sa conception de l' harmonie, car il entendait de façon harmonique comme aucun autre musicien.

SF : Si j'ai mentionné votre affiliation au style de Tatum il est clair qu' en plus vous avez parfaitement intégré le be-bop. Avez-vous appris, durant cette période, les solos de Charlie Parker, par exemple?
OP : Oh oui, Je les ai tous appris!! Non, non!! ( en riant) Mais je peux toujours aujourd'hui, si vous mettez un disque de Charlie Parker, chanter ses solos!
Je peux chanter aussi les solos de Dizzy, de Lester Young, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, Ben Webster, Johnny Hodges . Je peux le faire aujourd'hui parce que la seule manière pour apprendre était d'écouter encore et encore les disques. Nous n' avions ni magnétophone ni partitions! C'est pourquoi je continue à jouer le solo de " Sometimes I'm happy " de Lester Young, non pas comme un hommage à sa mémoire, mais pour la valeur musicale, parce que cette musique signifie quelque chose ici ( en se frappant le coeur).

SF : Pensez-vous que le fait d'avoir joué de la trompette vous a aidé pour relever ces solos?
OP : Oui, sans aucun doute, car lorsque vous entendez un sax ou une trompette, vous l'entendez différemment que lorsqu'il s'agit d'un pianiste. L'impédance est différente car la note est produite par le vent au lieu de la force.
SF : Je sait que pour un pianiste, il est très difficile de retranscrire un solo de trompette ou de sax!
OP : C'est très difficile justement parce que vous n'avez pas la même attaque.

SF : Que pensez-vous alors de Bud Powell qui, comme vous le savez, était réputé pour avoir un style de jeu très proche du saxophone? L'avez-vous rencontré?
OP : Oui, j'ai connu Bud Powell. Je pense que c'était un merveilleux pianiste. Mais il n'était pas le meilleur. Je préferait Hank Jones. Bud était ce que j'appellerai " un talent brut ", je veux dire qu'il jouait exactement ce qu'il pensait. Je ne pense pas qu'il travaillait beaucoup, son jeu était direct, sans préparation.
SF : Sa vie fut pourtant si terrible!
OP: Il devint la victime de son environnement particulier.

SF : Dans le même ordre d'idée, avez-vous rencontré Lennie Tristano?
OP : Non, je n'ai jamais rencontré Lennie, mais j'aime bien certaines choses.
SF : C'était très nouveau pour la période!
OP : Oui, c'était vraiment nouveau, et j'aime ses recherches qui étaient très aventureuses. Je ne crois pas que j'aurais pu passer ma vie à suivre cette voie, mais je pense qu'il a choisi un point de vue très intéressant comme par exemple jouer avec son groupe en improvisant totalement, en fait les prémices du free jazz...

SF : Lors d'une rencontre avec Frank Ténot, il m'a rapporté une discussion que vous aviez eue concernant les " 3 M " : Mingus, Monk et Miles...
OP : Eh bien, il y a des gens qui ont apporté quelque chose au Jazz. Je pense que Miles et Monk en font partie . Mais Monk pour moi n'était pas un pianiste, c'était surtout un compositeur, et un bon . A propos de Miles et des trompetistes, je préfère penser à Dizzy, à Clifford Brown qui étaient de sérieux clients, vous comprenez?
SF : Oui je vois ce que vous voulez dire...
OP : J'en suis sûr car vous êtes pianiste et vous savez de quoi je veux parler! C'est très à la mode de parler de Miles aujourd'hui. Les radios et la télévision attachent beaucoup d'importance à ses vêtements, à son allure, à son style de vie. Mais si l'on me parle de talent alors je pense à Dizzy et Clifford bien sûr mais aussi à Roy Eldridge, et il y a une grande différence...

SF: J'ai souvent entendu l'histoire de votre rencontre avec Norman Granz, mais j'aimerais avoir...
OP : Ma propre version? Tout est vrai ! Il venait à Montréal pour la promotion de ses concerts de Jazz, et il m'a entendu à la radio dans un taxi qui l'emmenait à l'aéroport. Apprenant que c'était du direct, il s'est fait conduire immédiatement au club et m'a emmené dîner. C'est ainsi que nous nous sommes rencontrés!
SF : Quelle a été votre réaction?
OP : C'était une incroyable surprise! Je ne m'attendais pas à voir Norman Granz assis dans cette salle, mais il était bien là!

SF : Vous avez par la suite participé, à son initiative, à un enregistrement historique qui réunissait pour une séance une vingtaine de musiciens parmi les plus talentueux de leur époque tels Charlie Parker, Ben Webster, Barney Kessel, Ray Brown, Johnny Hodges, etc... Vous souvenez- vous de ces moments?
OP : Comme si c'était hier!

SF : J'ai ici un livre de photos de ces séances, et j'aimerais beaucoup vous le faire dédicacer; Vous le connaissez , bien sûr?
OP : Non , je ne l'ai jamais vu!!!
SF : Et bien l' histoire de ces photos est singulière car à l'époque, personne n' avait pensé à appeler un photographe pour immortaliser l'événement. Et il se trouve que par le plus grand des hasards, une photographe s'est trouvée là et qu'elle a fait, par pur réflexe professionnel, de nombreux clichés sans déranger les musiciens. Mais comme le jazz ne représentait pas grand chose pour elle, elle a vite oublié cette séance sans en parler à personne. Il a fallu un autre hasard pour que l'auteur du livre tombe sur une photo, qu'il en retrouve la responsable et surtout découvre avec stupéfaction la qualité incroyable de ces clichés pris sur le vif!!! Je croyais vraiment que vous connaissiez ce livre...

Ensuite, Oscar, feuilletant le livre, fit un retour sur sa jeunesse en revoyant tous ses amis, disparus pour la plupart. Un grand moment d'émotion, surtout lorsque, montrant une photo de Ben Webster à sa fille, il lui dit " tu te souviens de Oncle Ben, nous avons été ensemble mettre des fleurs sur sa tombe... " . Il ne cessait de dire " quel livre merveilleux, c'est extraordinaire! Ces photos sont superbes! Vous voulez voir l'histoire du Jazz, la voilà!" IL a suffi d' un seul regard avec ma femme pour que l'évidence s' impose à nous : deux jours après cette interview, Oscar Peterson fêtait son 72 ème anniversaire. Devinez ce que nous lui avons offert ?...

Cette interview a été réalisée le 12 Août 97, à l'Hôtel de France , à Auch, durant le festival de Marciac. Un grand merci à Mr Oscar Peterson pour la chaleur de son accueil , son rire, et sa gentillesse vis-à-vis de mon anglais!

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  PhillyJoe le Mar 25 Déc 2007 - 23:12

Et une pensée émue pour "le maharajah du clavier", comme l'appelait Ellington.

O.P. m'a en quelque sorte ouvert les oreilles au jazz, puisque "Hello Herbie !" est un des tout premiers disques qui m'ait "virusé" pour la vie... Et "Great Connection" avec N.H.O.P. et Louis Hayes reste pour moi un des sommets absolus du trio jazz.

Vu il y a un paquet d'années à Montreux, avec N.H.O.P. et Terry Clarke (1981, l'année de "Nigerian Marketplace" je crois), un souvenir impérissable...

R.I.P.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  captainbop le Mer 26 Déc 2007 - 8:04

[b][i]"Nigerian Marketplace"[/i][/b] ...

Très beau morceau.

Très cordialement.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Dr.Jazz le Ven 28 Déc 2007 - 19:19

[quote:ec2b="Duppy"]Oscar Peterson, a mon goût, c'était aussi à la fois le meilleur et le pire du jazz. [/quote]
Tu y vas un peu fort [i]Duppy.[/i]

Pour le deuil : c'était... un grand musicien tout simplement.

Pour les critiques j'attends encore un peu. Paix à son âme.

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Duppy le Ven 28 Déc 2007 - 20:53

Mes excuses, Dr Jazz, je ne savais pas que tu étais croyant...

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  Pascal le Ven 28 Déc 2007 - 20:56

Alors, quels sont les albums que vous conseillez ?

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  PhillyJoe le Mar 1 Jan 2008 - 20:52

Quelle épreuve, de citer les Peterson préférés...

Bon, je vais en choisir trois :

[center][img]http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ZvCD00UFL._AA240_.jpg[/img]
Ca n'est pas Captainbop qui me contredira... et un des quelques disques où on peut m'entendre applaudir...
Avec N.H.O.P (b) et Terry Clarke (dm)
Montreux, 16 juillet 1981

[img]http://ecx.images-amazon.com/images/I/415N5NAH1YL._AA240_.jpg[/img]
Déjà cité plus haut
Avec Sam Jones (b) et Bobby Durham (dm)
Villingen, 5 & 6 novembre 1969

[img]http://ecx.images-amazon.com/images/I/41PTQMB906L._AA240_.jpg[/img]
Itou
Villingen, octobre 1971[/center]

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  zinio le Mar 1 Jan 2008 - 22:05

Merci pour les suggestions d'album. J'avais une fois acheté un peu au hasard l'album [b]tracks[/b] (de 1971) qui ne m'avais pas trop emballé et pourtant les quelques films que j'ai pu voir sur lui mon toujours assez séché : ce naturel à swinguer avec virtuosité et élégance... c'est beau ! [/b]

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

Message  PhillyJoe le Jeu 3 Jan 2008 - 16:35

C'est vrai, Tracks ne m'a jamais enchanté, pas plus que "Motions & Emotions" d'ailleurs...

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Re: Putain merde, Oscar Peterson (RIP)

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