Great Black Music

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Great Black Music

Message  Duppy le Dim 13 Juil 2008 - 15:30

Un topic ou je placerais mes commentaires sur les albums cités par Philippe Robert dans son "Great Black Music", au fur et à mesure de mes écoutes.

Je passe rapidement sur les quatre premiers choix de Philippe Robert :

- Billie Holiday - Lady Sings The Blues
- Max Roach - We Insist ! Freedom New Suite
- John Coltrane - A Love Supreme
- Nina Simone - Silk & Soul

Des choix évidents, tout le monde connait ces disques. Billie Holiday est tellement évidente, sa non présence aurait déclenché une demande de remboursement illico ! Bon, cet album n'est pas son meilleur, mais pourquoi pas celui-ci. Pareil pour Max Roach et Coltrane : "We Insist !" et "A Love Supreme" ne sont pas, et de loin, mes albums préférés, mais leur choix est tout à fait logique.
Quand à Nina Simone, j'ai cru déjà avoir remarqué sa popularité sur ce forum.


Dernière édition par Duppy le Dim 13 Juil 2008 - 15:55, édité 1 fois

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 13 Juil 2008 - 15:31

[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=368&u=11554301][img]https://i45.servimg.com/u/f45/11/55/43/01/newgra10.jpg[/img][/url]

[b]Albert Ayler - New Grass (Impulse! - 1968)[/b]

1 - New Grass / Message From Albert
2 - New Generation
3 - Sun Watcher
4 - New Ghosts
5 - Heart Love
6 - Everybody's Movin'
7 - Free At Last!

Albert Ayler (tenor sax, vocals, human whistle, recitation), Bill Folwell (bass, electric bass), Bernard "Pretty" Purdie (drums)
Joe Newman, Burt Collins (trumpet), Garnett Brown (trombone), Seldon Powell (flute, tenor sax), Buddy Lucas (baritone sax, bass), Carl Cobbs (organ, piano, harp, electric harpsichord), Rose Marie McCoy (vocals), backup singers (?)

New York City, les 5 et 6 septembre 1968

[quote:0923="Philippe Robert"]Albert Ayler commença par jouer, plus ou moins professionnellement, avec Lloyd Pearson, avant qu'il n'intègre les Jukes, en 1952, à la demande de Little Walter. Il écoutait alors le saxophoniste ténor texan Illinois Jacquet dont il retiendra l'exubérance, le lyrisme fougueux et les sifflements dans les suraigus. Parallèlement, Ayler s'avéra fasciné par la musique d'église, le gospel, les prêches, puis la musique de vénerie. La rupture qu'il incarna s'exerça par rapport aux notions traditionnelles d'harmonie et de phrasé. Les vibrations du Divin, comme il le laissait entendre, irriguaient son jeu, marqué par une sonorité au vibrato hors norme que l'on a souvent qualifié de paroxystique et d'agressif alors qu'il n'était que beauté transcendée. Ted Joans raconte en termes imagés la première fois qu'il entendit Ayler : "Le son était très différent, si rare et si sauvage, c'était comme si l'on avait crié "Fuck" dans la cathédrale Saint Patrick pendant la messe de Pâques !". La musique jouée ce jour-là n'avait effectivement rien à voir avec quoi que ce soit de connu. On a parlé à son sujet d'une esthétique du cri, mais les tensions générées se révélaient paradoxalement apaisantes pour qui savait s'y abandonner. Le chant d'Ayler n'a jamais été qu'une plainte, à la fois réjouissante et funèbre. Sa musique, pure de toute supercherie, possède certes quelque chose de la puissance dévastatrice du cri, mais d'un cri qui aurait livré toutes les batailles et n'aspirerait plus qu'à l'allégresse. Passé un certain stade, Albert Ayler ne se refusa plus rien. C'est ainsi qu'il incorpora à son orchestre l'électricité - celle propre au rock - et des rythmes binaires, à l'origine d'un malentendu auprès de ses fidèles laudateurs qui eurent du mal à le suivre lorsque, sur les conseils de Mary Maria - sa compagne - et du producteur Bob Thiele, il se lança dans l'enregistrement de [i]New Grass[/i], épaulé par le bassiste Bill Folwell et le batteur (repéré aux côtés d'Al Kooper et Larry Coryell) Bernard "Pretty" Purdie. Est-il besoin de le préciser : Albert Ayler se situait bien au delà du seul free. Il n'était pas l'homme d'un genre musical unique, aussi marquante qu'ait pu être son influence dans ce cadre. Même si de nombreux musiciens de jazz, à la même époque, se sont engagés de façon plus ou moins opportuniste dans le rock, Ayler n'a pas du tout tenté la même choses, sa musique n'ayant jamais été qu'un temple rassemblant et prêchant pour l'harmonie universelle.[/quote]
Je n'avais jamais écouté ce "New Grass", mais je connaissais sa réputation sulfureuse : Ayler aurait été tenté par les sirènes de l'argent pour sombrer dans le commercial, la si honnie "musique populaire", une hérésie pour les puristes du jazz qui l'avaient placé si haut...
Car il ne faut s'y tromper, plus que du rock, cet album est un album de Rhythm'n'Blues, tout y est : la rythmique électrique, le boogaloo, les chœurs féminins. et même le jeu d'Ayler, ce hurleur suraigu dont Philippe Robert rappelle avec justesse l'influence d'Illinois Jacquet. Et pourtant, quoi d'étonnant quand on connait les origines musicales d'Ayler ? On pourrait même parler d'un retour aux origines : le blues, l'église, le gospel, la soul. Je suis en tout cas prêt à parier, à l'instar de Philippe Robert, que sa démarche n'avait rien d'opportuniste. On ressent tellement dans ce disque l'âme et la sincérité.

Dans les conseils de bas de page, on peut lire les noms de Pharoah Sanders, Archie Shepp, Frank Wright, David Murray, David S. Ware... Tous des saxophonistes libres et intenses. Et pourtant, à l'écoute de ce "New Grass", le nom qui me vient de suite à l'esprit est celui de Roland "Rahsaan" Kirk qui avait réalisé une démarche équivalente avec ses disques "Volunteered Slavery" (1968) et "Blacknuss" (1971).

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 13 Juil 2008 - 15:33

[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=369&u=11554301][img]https://i45.servimg.com/u/f45/11/55/43/01/karma10.jpg[/img][/url] [url=https://servimg.com/image_preview.php?i=370&u=11554301][img]https://i45.servimg.com/u/f45/11/55/43/01/p1625010.jpg[/img][/url]

[b]Pharoah Sanders - Karma (Impulse! - 1969)[/b]

1 – The Creator Has A Master Plan (Sanders - Thomas)
2 - Colors (Sanders - Thomas)

Pharoah Sanders (tenor sax), Leon Thomas (vocals, percussion), James Spaulding (flute), Julius Watkins (french horn), Lonnie Liston Smith (piano), Richard Davis, Reggie Workman, Ron Carter [i](2)[/i] (bass), Billie Hart, Frederick Waits [i](2)[/i] (drums), Nathaniel Bettis (percussion)

14 février et 20 octobre 1969

[quote:c4f6="Philippe Robert"]Peu d'albums, comme cette longue méditation lyrique qu'est [i]Karma[/i], s'inscrivent avec une telle évidence dans une mystique syncrétique, à l'origine d'une emphase charnelle et spirituelle peu commune. En compagnie de Coltrane, Pharoah Sanders s'est progressivement élevé, gravant notamment les indépassables [i]Ascension, Meditations, Expression, Kulu Se Mama[/i] et [i]Om[/i]. En 1966, [i]Tauhid[/i], en suivant de près un opus pas encore mature sorti par le label ESP, l'intronisait déjà, libéré de la tutelle de son maître à penser. Malgré tout, les réminiscences liées à l'art coltranien ne cessèrent plus dès lors d'innerver sa quête universelle comme sa ferveur, toutes deux tournées vers la contemplation et à l'origine de belles impulsions. Il vaut de s'en rappeler : Pharoah Sanders fut celui qui aida Coltrane à interroger ses démons, au point d'être pendant un temps totalement investi dans cette mission cathartique, jusqu'à en garder - par endroits - un son cassé, sifflé, hurlé et truffé de sonorités "sales", du type de celles que l'on entend également dans le rhythm'n'blues. Sur [i]Karma[/i], le chanteur Leon Thomas offrit à Pharoah Sanders un texte magnifique à visée messianique, et donc voué au Créateur ([i]The Creator Has A Master Plan[/i]). Le saxophoniste y répondit comme il savait désormais très bien le faire, d'un ton incantatoire non exempt de tragique. Sans jamais se consumer dans sa furie, il semble au contraire se convulser d'extase, surtout quand après la tourmente succède la sérénité retrouvée, toujours chez lui murmurante de rumeurs diverses, tant africaines qu'asiatiques. A l'écoute du monde, et mû par une énergie intérieure immense, le phrasé de Pharoah Sanders finit, ici, par s'atomiser en une kyrielle de molécules, après qu'il ait été torturé et tordu à force de couinements en ayant hypertrophié les aspérités. [i]Karma[/i] célèbre une musique de l'instant, faite de paix et de liberté, invitant à la danse comme à la transe, une musique d'une beauté sincère, habitée et placée toute entière sous le signe du feu et de la passion[/quote]
Pas grand chose à rajouter : beau, spirituel, intense, incantatoire, un petit peu emphatique comme souvent. Je ne suis pas un grand amateur de Pharoah Sanders, mais [i]Karma[/i] est un monument du free jazz, un authentique chef d'œuvre.
Et il est assez rare de pouvoir écouter Leon Thomas, ce chanteur si atypique. Alors rien que pour ça...

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Re: Great Black Music

Message  gaston le Dim 13 Juil 2008 - 16:06

curieusement Karma fait partie des albums qu'on n'écoute, me semble t il, qu'une fois dans sa vie. Alors qu'on revient sans cesse sur le west end blues de louis, les faces alladin de lester ou les disques prestige de Miles- et plein d'autres- il me semble qu'on ne revient jamais sur ce type d'enregistrement. Ce n'est évidemment pas le cas du volunteedred slavery de kirk que j'ai réécouté des tas de fois.

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 13 Juil 2008 - 16:10

Je suis pas loin de penser la même chose, mais c'est surtout du au format : deux titres seulement.
Sinon je n'écoute jamais Louis, assez peu Lester, et plus trop les Prestige de Miles...

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 14 Sep 2008 - 14:14

Vacances terminées pour tout le monde non ? Remettons-nous au boulot.

Je continue de parcourir les disques jazz du "Great Black Music" de Philippe Robert.


[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=416&u=11554301][img]https://i55.servimg.com/u/f55/11/55/43/01/joe_mc10.jpg[/img][/url]

[b]Joe McPhee - Nation Time (1970 - CJR / Unheard Music Series / Atavistic)[/b]

1 - Nation Time
2 - Shakey Jake
3 - Scorpio's Dance

Joe McPhee (tenor sax, soprano sax, trumpet), Mike Kull (piano, electric piano), Tyrone Crabb (acoustic & electric bass, trumpet), Bruce Thompson & Ernest Bostic (percussion) - + on "Shakey Jake": Otis Greene (alto sax), Herbie Lehman (organ), Dave Jones (electric guitar)

Enregistré live à Chicago au Vassar College Urban Center for Black Studies, le 12/12/1970, sauf "Shakey Jake" en studio le 13/12/1970.

[quote:2a06="Philippe Robert"][i]Nation Time[/i] désigne, sur l'album du même nom, un long morceau d'ouverture en forme de prêche, inspiré par LeRoi Jones et par l'espoir d'une nation noire unifiée. A l'époque, Joe McPhee dédiait régulièrement ses compositions aux premières révoltes de la communauté afro-américaine, comme à Denmark Vesey notamment, ou à Harriet Tubman. Le message était clairement de ne pas rester assis à tout supporter, de travailler à prendre son destin en mains, ce pourquoi Denmark Vesey avait été pendu... En quête de rapports centrés sur le respect mutuel, aidé par son ami Craig Johnson qui autoproduit ce live, le saxophoniste trompettiste joue ici les prédicateurs en introduisant son concert par quatre notes répétées à satiété et basées sur un dialogue avec le public. [i]What time is it ?[/i] scande Joe McPhee. Et le public de répondre en chœur avec lui : [i]It's Nation Time ![/i] Dans un entretien confié à [i]Jazz Magazine[/i] en 1977, alors qu'on lui demandait si la musique - et cet opus en particulier - pouvait avoir des répercussions sociales, Joe McPhee déclarait : "Je ne sais vraiment pas... Certaines idées fonctionnent comme des suggestions subliminales, elles soulignent d'autres choses. Ce titre, par exemple, [i]Nation Time[/i], a dérangé nombre de chroniqueurs - ils pensaient : 'C'est trop politique. Pourquoi fait-il ça ?". C'était en partie le propos... Je ne savais pas combien de disques j'allais pouvoir faire. Même si ce n'était qu'une toute petite chance de pouvoir faire quelque chose qui puisse apporter du changement, il fallait la saisir. Peut-être que quelqu'un, à la suite de l'audition de ce disque et de la lecture du texte de pochette - ceci est indissociable de cela - allait avoir envie d'écouter ce que LeRoi Jones avait à dire. En fait, il ne parlait que d'une chose : réaliser l'unité du peuple, et cela inquiétait certains. Qu'est-ce que cela veut dire l'unité ? Qu'ils vont prendre le pouvoir ? Qu'ils vont débarquer vêtus de peau de léopard, armés de lance, et qu'ils vont s'emparer de tout ? Mais non, il ne parlait pas de ça. Ce qu'il voulait dire, c'est que le peuple devait être unifié, qu'il fallait améliorer la situation afin qu'il cesse d'être exploité et soit en mesure de s'occuper lui-même de ses affaires. Qu'il ait le contrôle de sa propre vie, voilà de quoi il parlait, et pour certains cela avait quelque chose de menaçant..."[/quote]

A mes oreilles, tout cela a quand même assez vieilli. L'exubérance des années 70 et du Black Power, l'énergie, la fraicheur, la prêche sont bien sûr présents, ainsi qu'un jeu "coltranien" de rigueur. Ce qui m'embête un peu d'ailleurs avec ces ténors comme Joe McPhee ou Pharoah Sanders. Le meilleur et l'intérêt de cet album, c'est à mon avis sur "Shakey Jake", ce mélange de free jazz et de Rhytm & Blues, un peu comme sur le Albert Ayler "New Grass", et en même temps si différent.

Pour ceux que cela intéresse, j'ai trouvé ce lien qui m'a l'air assez intéressant :[url=http://lire-ecouter-voir-la-suite.blogspot.com/2008/05/la-musique-au-temps-des-black-panthers_13.html]La musique au temps des black panthers[/url]

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 14 Sep 2008 - 14:17

[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=429&u=11554301][img]https://i35.servimg.com/u/f35/11/55/43/01/new_yo10.jpg[/img][/url]

[b]New York Art Quartet - New York Art Quartet (ESP - 1965)[/b]


Amiri Baraka AKA LeRoi Jones (voix)
Roswell Rudd (trombone)
John Tchicai (saxophone alto )
Milford Graves (batterie, percus)
Lewis Worrell (basse)

A1. N°. 6
A2. Black Dada Nihilismus - Rosmosis
B1. Short
B2. Sweet

[quote:d7fb="Philippe Robert"][i]Black And Beautiful... Soul And Madness[/i] prônait Le Roi Jones dès 1965 avec les Jihad Singers comme - plus tard - au sein du New York Art Quartet - une formation composée par le saxophoniste John Tchicai, le tromboniste Roswell Rudd, le bassiste Lewis Worrell et le batteur Milford Graves - qu'il rejoint pour un incendiaire [i]Black Dada Nihilismus[/i] encore dans les annales. A l'époque, dans les coffee shops et les lofts, c'était la révolution d'octobre du jazz à laquelle il donnera une voix, celle d'un poète engagé dont les textes militants s'entrelaçaient avec une grande pertinence aux improvisations des free jazzmen (en dehors du présent album, LeRoi Jones offrira son verbe à Sunny Murray, sur un opus oublié par son label et sur lequel il est en autre accompagné par Albert Ayler, sans oublier - par la suite - Sun Ra comme David Murray en compagnie de Steve McCall). Du free, celui qui deviendra Amiri Baraka après la disparition de Malcolm X sera à la fois le témoin (il fit œuvre d'historien dans [i]Le Peuple du blues[/i]) et acteur, au cours de véritables interventions enragées d'agit-prop, totalement à l'unisson du théâtre musical de ses camarades. Bien avant que l'on ne parle de slam ou de hip-hop, LeRoi Jones incarnait déjà ses textes avec une rare conviction, acquise aux côtés des piliers de la Beat Generation et qui en faisait plus que de simples poèmes. Son nationalisme débridé agresse à dessein et frappe dans le mille - sur [i]Black Art[/i], il ne reculera devant rien, allant jusqu'à imiter sirènes et rafales d'armes automatiques. Amiri Bakara ne mâche pas ses mots en matière de révolution culturelle et d'engagement dans l'internationalisme prolétarien des Advenced Workers et des Anti Imperialist Singers. Par exemple, il ne se gènera pas de stigmatiser le mysticisme "petit-bourgeois" d'un Coltrane qui, selon lui, dés lors qu'il aura eu la révélation, s'éloignera des réalités sociales et se coulera dans la classe moyenne. Chacun jugera selon ses critères. Reste cependant une œuvre musicale, certes mince, mais dont l'actualité demeure toujours aussi brûlante.[/quote]


Dernière édition par Duppy le Mar 16 Sep 2008 - 0:26, édité 1 fois

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 14 Sep 2008 - 14:24

[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=430&u=11554301][img]https://i35.servimg.com/u/f35/11/55/43/01/wildfl10.jpg[/img][/url]

[b]Wildflowers 5, The New York Loft Jazz Sessions (Douglas, 1976)[/b]

Voila les sessions complètes enregistrées du 14 au 23 mai 1976 au studio Rivbea, à New-York.

L'ensemble a donc été réédité dans une compilation 3 CDs en 2006 par Douglas Records (le label originel de Alan Douglas, producteur de ces sessions en 76 aux côtés de Michael Cuscuna et Sam Rivers). Je crois avoir vu que Knitting Factory aussi avait réédité ces sessions avant 2006, mais je ne sais plus où.

Pas de morceaux bonus comparé à la version 5 LP mais ça a le mérite de tout rassembler en une compilation.

[b]CD 1[/b]
Total Time: 70:18

01. Kalaparusha - Jays (6:11)
02. Ken McIntyre - New Times (7:45)
03. Sunny Murray & The Untouchable Factor - Over The Rainbow (5:48)
04. Sam Rivers - Rainbows (10:24)
05. Air - USO Dance (8:26)
06. Flight To Sanity - The Need To Smile (10:45)
07. Ken McIntyre - Naomi (6:31)
08. Anthony Braxton - 73°-S Kelvin (6:41)
09. Marion Brown - And Then They Danced (7:14)


[b]CD 2[/b]
Total Time: 63:02

01. Leo Smith & The New Delta Ahkri - Locomotif No 6 (6:24)
02. Randy Weston - Portrait of Frank Edward Weston (9:17)
03. Michael Jackson (aka Michael Gregory Jackson) - Clarity (6:09)
04. Dave Burrell - Black Robert (5:43)
05. Abdullah - Blue Phase (12:35)
06. Andrew Cyrille & Maono - Short Short (6:57)
07. Hamiet Bluiett - Tranquil Beauty (5:45)
08. Julius Hemphill - Pensive (9:54)


[b]CD 3[/b]
Total Time: 60:50

01. Jimmy Lyons - Push Pull (5:32)
02. Oliver Lake - Zaki (9:52)
03. David Murray - Shout Song (2:45)
04. Sunny Murray & The Untouchable Factor - Something's Cookin' (17:02)
05. Roscoe Mitchell - Chant (25:22)

[quote:b7b0="Philippe Robert"]Selon Alan Douglas, produire s'avère être un acte correspondant à trouver des ides, et à les mener à terme. Forte de ces principes, la route de cet insatiable curieux allait croiser celle de Jimi Hendrix et d'Eric Dolphy, sans compter qu'on lui doit les rencontres de Duke Ellington avec Charles Mingus et Max Roach, ou celle restée sans suite de Coltrane avec Cécil Taylor. De la même façon qu'il aimait générer des collaboration inédites, Alan Douglas aura l'idée d'une série d'enregistrements publics témoignant de l'émergence d'une seconde génération de musiciens de free jazz. En mai 1976, du matériel pour cinq LP sera ainsi capté selon ses directives au studio RivBea, le loft du saxophoniste Sam Rivers et de sa compagne, dans l'East Village new-yorkais où se produisaient et enseignaient les musiciens créatifs de l'époque. Dans ces albums désormais rassemblés, la présence de piliers du mouvement free (Anthony Braxton, Jimmy Lyons, Sunny Murray), d'un grand ancien (Randy Weston) et de jeunes lions (David Murray, Julius Hemphill, Oliver Lake), dont certains venus de Chicago, témoigne [i]a posteriori[/i] d'une programmation complexe et éclectique, rendant compte des facettes et des ramifications déjà variées du free. Dans des lofts identiques au RivBea, et à l'origine de l'appellation "loft generation", le jazz s'épanouira un temps, loin des clubs et des salles aux choix esthétiques frileux, à tel point, qu'à l'écart des pressions, ces lieux autogérés finiront par incarner d'idéales oasis de créativité. Réécouter ces disques rend évident ce qui les sous-tendait : un vrai fantasme universaliste d'une fusion totalisante et proliférante aux combinatoires infinies, où des incantations extraverties cohabitaient avec des improvisations dont certaines possédaient un abattage très réfléchi auquel on n'était alors pas très habitué. Parce qu'il manque une véritable volonté d'élargissement de la palette sonore du free (Ayler avait certes déjà frayé avec le rhythm'n'blues et ce n'était donc pas totalement nouveau), l'aspect hétérogène de l'ensemble fascine encore. Globalement, en ressort un véritable refus de toute complaisance, l'intelligence de ces faces devenues historiques ayant été de nous offrir à ressentir, comme si l'on y était, un extraordinaire continuum fait de bruissements, de paroxysmes et de couleurs délicates typiques du bouillonnement des seventies. Après 1976, le flambeau a été repris par William Parker et Matthew Shipp qui assumèrent au sein de cette scène, comme le festival Vision à New York, un rôle de catalyseur entre autre prolongé par le travail d'un label comme Thirsty Ear.[/quote]

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 14 Sep 2008 - 14:25

Pas de commentaires personnels sur ces deux disques, je ne les ai pas encore écouté. Je ne manquerai donc pas de venir ajouter ce que j'en pense.

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Re: Great Black Music

Message  gaston le Lun 15 Sep 2008 - 20:06

[quote:f4d3="Duppy"][url=https://servimg.com/image_preview.php?i=429&u=11554301][img]https://i35.servimg.com/u/f35/11/55/43/01/new_yo10.jpg[/img][/url]

[b]New York Art Quartet - New York Art Quartet (ESP - 1975)[/b]


Amiri Baraka AKA LeRoi Jones (voix)
Roswell Rudd (trombone)
John Tchicai (saxophone alto )
Milford Graves (batterie, percus)
Lewis Worrell (basse)

A1. N°. 6
A2. Black Dada Nihilismus - Rosmosis
B1. Short
B2. Sweet

[quote:f4d3="Philippe Robert"][i]Black And Beautiful... Soul And Madness[/i] prônait Le Roi Jones dès 1965 avec les Jihad Singers comme - plus tard - au sein du New York Art Quartet - une formation composée par le saxophoniste John Tchicai, le tromboniste Roswell Rudd, le bassiste Lewis Worrell et le batteur Milford Graves - qu'il rejoint pour un incendiaire [i]Black Dada Nihilismus[/i] encore dans les annales. A l'époque, dans les coffee shops et les lofts, c'était la révolution d'octobre du jazz à laquelle il donnera une voix, celle d'un poète engagé dont les textes militants s'entrelaçaient avec une grande pertinence aux improvisations des free jazzmen (en dehors du présent album, LeRoi Jones offrira son verbe à Sunny Murray, sur un opus oublié par son label et sur lequel il est en autre accompagné par Albert Ayler, sans oublier - par la suite - Sun Ra comme David Murray en compagnie de Steve McCall). Du free, celui qui deviendra Amiri Baraka après la disparition de Malcolm X sera à la fois le témoin (il fit œuvre d'historien dans [i]Le Peuple du blues[/i]) et acteur, au cours de véritables interventions enragées d'agit-prop, totalement à l'unisson du théâtre musical de ses camarades. Bien avant que l'on ne parle de slam ou de hip-hop, LeRoi Jones incarnait déjà ses textes avec une rare conviction, acquise aux côtés des piliers de la Beat Generation et qui en faisait plus que de simples poèmes. Son nationalisme débridé agresse à dessein et frappe dans le mille - sur [i]Black Art[/i], il ne reculera devant rien, allant jusqu'à imiter sirènes et rafales d'armes automatiques. Amiri Bakara ne mâche pas ses mots en matière de révolution culturelle et d'engagement dans l'internationalisme prolétarien des Advenced Workers et des Anti Imperialist Singers. Par exemple, il ne se gènera pas de stigmatiser le mysticisme "petit-bourgeois" d'un Coltrane qui, selon lui, dés lors qu'il aura eu la révélation, s'éloignera des réalités sociales et se coulera dans la classe moyenne. Chacun jugera selon ses critères. Reste cependant une œuvre musicale, certes mince, mais dont l'actualité demeure toujours aussi brûlante.[/quote][/quote]

cet album est effectivement de 1965 et non pas de 1975. je le sais parce que je l'ai acheté à sa sortie et que j'ai perdu ce disque et que je ne l'ai jamais retrouvé ( pas cherché activement non plus ). il m'avait fortement impressionné à l'époque. Je serais curieux de le réécouter.

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Dim 28 Sep 2008 - 9:52

Je l'ai écouté hier soir ce New York Art Quartet, et j'ai été plus qu'impressionné ! Cet album est superbe !
Tout ce que j'aime dans cette musique, les débuts du free jazz, des musiciens qui cherchent de nouvelles sonorités, des mélodies déchirantes, et surtout un endroit qui n'est pas encore le free jazz, un entre deux entre la tradition et la nouveauté. John Tchicai et Roswell Rudd sont magnifiques, Lewis Worrell (que je ne connaissais pas) et Milford Graves toujours solides et inventifs.
LeRoi Jones n'intervient que sur le deuxième titre "Black Dada Nihilismus - Rosmosis", et ça passe très bien. La chronique de Philippe Robert par contre insiste peut-être un peu trop sur lui et sur le coté "Black Power" ; l'enjeu de ce disque est me semble t'il aussi ailleurs : dans la musique, tout simplement.

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Re: Great Black Music

Message  Gromit le Dim 28 Sep 2008 - 11:57

Pour les Wildflowers, j'ai la version vinyl des 5 albums, tous avec un coin coupé et ramené lors de ma farfouille dans ce hangar de stockage dans la banlieue de NYC.(fin des années 70)
Les 3 CDs sont effectivement complet et reproduisent l'intégralité des 33t.

En fait, tous ceux qui participent a ces sessions étaient connus des fans de ce jazz là, a cette époque, même si leurs productions phonographiques l'étaient moins.

Je crois me rappeler que les prestations d'Hamiet Bluiett, de Randy Weston, de Dave Burrell, de Julius Hemphill et David Murray m'avaient particulièrement emballé.

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Re: Great Black Music

Message  Kalidas le Dim 28 Sep 2008 - 18:06

Duppy, bravo, excellente idée !!

c'est passionnant

messieurs, on monte en puissance !!

j'aurais mis ça aussi en histoire et culture générale, en intro au topic Free jazz, m'enfin c'est pas le plus vital

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Re: Great Black Music

Message  Duppy le Sam 4 Oct 2008 - 18:47

Puisque c'est mon topic, que j'en ai le droit, et que Kalidas a raison, la Great Black Music a donc déménagé dans l'histoire.

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Re: Great Black Music

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