improvisation et communisme

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improvisation et communisme

Message  Patlotch le Jeu 10 Avr 2014 - 11:22

10 avril 2014

à lire sur mon site pour des liens qui fonctionnent (je le ferai ici avec le temps...), et des vidéos de Max Roach -Abbey Lincoln, Ornette Coleman Free-Jazz, Liberation Orchestra Charlie Haden, Oakland MalcolmX Jazz Festival, Linsey Cooper, les livres de Christian Béthune sur Adorno et le jazz, la philosophie occidentale et le jazz...
http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-565.html

[b]' improvisation et communisation'[/b] > http://hommodolars.org/web/IMG/pdf/improvisacion_comunizacion.pdf

[b][i]malaise occidental dans la conception de l'art, de la liberté[/i][/b] (et des théories comparées)

ce texte est relayé par dndf, comme présentant [i]« les positions de la revue Théorie Communiste à propos de l’auto-organisation, de la périodisation, et par rapport à Tiqqun, etc.. de manière claire, le parallèle avec l’improvisation dans la musique est sympathique et bien vu »[/i]

faut-il considérer le parallèle comme [i]sympathique[/i] parce qu'il parle des 'communsateurs' ? Quoi qu'il en soit je m'inscris en faux contre le fait qu'il serait [i]bien vu[/i]. J'ai parcouru ce texte dans une traduction automatique, et plusieurs choses me paraissent irrecevables :

- la définition de l'improvisation en musique rapportée quasi uniquement à celle des musiques savantes expérimentales européennes et américaines à partir des années 60, dont les publics sont essentiellement bourgeois

- l'ignorance des caractéristiques de l'improvisation dans le jazz, dont elle est une des dimensions majeures dès ses origines au début du 20ème siècle, et qui est à la source de son utilisation dans la musique savante occidentale

- l'impossible de séparer l'improvisation de jazz de ses autres caractéristiques, à commencer par les conditions de sa création par la communauté noire américaine et par suite les rapports que cette musique, populaire et savante, entretient avec elle tout au long de son histoire, et de ses luttes de libération à la fin du 19ème siècle et au 20ème siècle

mon propos n'est pas de discuter les points de comparaison avec les théories de la communisation et particulièrement la vision de [i]Théorie Communiste[/i], mais le point de vue adopté qui est proprement scandaleux sur le plan culturel, musical, racial et social

sans connaître les thèses de la communisation, j'ai formulé en 2002-2003 les parallèles possibles du jazz, et particulièrement de l'improvisation collective avec la libération communiste. J'ai fait connaître ces textes tant dans le milieu de la critique de jazz (suscitant l'intérêt d'Alexandre Pierrepont, Philippe Méziat et Christian Béthune), à la revue [i]Multitudes[/i] (par l'intermédiaire de Yves Citton qui m'avait demandé un texte), et plus tard dans le milieu communisateur, où elles sont tombées à plat, peu [i]sympathiques [/i]ou parce que le parallèle était [i]mal vu[/i] ?

j'ai rappelé deux de ces textes hier, 2002 [i]Jazzitude[/i] et 2003, [i]Jazz et communisme[/i], mais le travail de fond est à lire dans mon livre en ligne[i] Jazz et problèmes des hommes[/i], 2002,
[i]sommaire[/i] http://patlotch.free.fr/text/1e9b5431-107.html

pour un aperçu

- la création collective, les échanges, l’individualité et le groupe
- la hiérarchie dans le groupe, le rôle de leader, d’arrangeur
- la relation au public, le don aux auditeurs
- jazz; l’art et le sens, la spiritualité, la puissance
- jazz; l’art et la liberté
la fin de l'art occidental
- du jazz, langage "universel" ?
- aux noms du "jazz" (à comparer avec les avatars du nom 'communisme')
- des métissages musicaux aux 'jazz' de la multitude

je ne suis pas un expert en musiques contemporaines improvisées, mais pas inculte non plus, cf la bibliographie http://patlotch.free.fr/text/1e9b5431-184.html
des points de mes textes ont été référencés par des revues spécialisées

[b][i]une comparaison nombriliste de théories occidentales à théories occidentales[/i][/b]

le texte espagnol n'est pas sans intérêt mais demeure sur le terrain de la théorie, les deux côtés de la musique et de la révolution : ça intéresse qui pour quoi faire, sinon se regarder le nombril en théoriciens ?

le point de vue qui mérite attention, quitte à faire l'objet de remarques théoriques, c'est le rapport d'objet à objet, dans leurs matières mêmes au sein des rapports sociaux, genrés et 'raciaux', dans le langage des protagonistes, ceux qui font la musique et ses publics, ou luttent pour leur libération

s'il y a des comparaisons à faire entre improvisation musicale et dynamique communiste de libération, elles doivent prendre en compte un ensemble de facteurs beaucoup plus larges et approfondis que ceux du texte espagnol, d'une part du côté musical et du côté social, d'autre part les différents constituants et la genèse des arts modernes improvisés collectivement (la musique mais aussi le théâtre et la danse, ce que les théoriciens nomment 'performances')

l'origine africaine via l'esclavage bouscule la conception occidentale de l'art, et trouve des échos jusqu'à aujourd'hui, sinon dans le jazz qui a perdu ses ancrages prolétariens, dans les musiques populaires qui établissent un lien comparable aux populations prolétaires, particulièrement les jeunes, dans le monde entier (après le blues, le R'nB', la Soul et le Funk, le rap et le hip-hop dans leurs déclinaisons mondiales, y compris au sein des 'révolutions arabes', en Afrique, en Asie...)

[b][i]cherchez le nègre[/i][/b]

la démarche espagnole est complètement rabattue sur le concept et la pratique d'improvisation repris par des musiciens européens et américains dans un rapport au social, à la communauté des publics en concert ou sur disque qui n'a aucun rapport avec le lien libérateur du jazz dans le contexte des luttes afro-américaines puis au-delà, en Amérique latine et dans la Caraïbe

[b][i]cherchez la femme[/i][/b]

la dimension féminine est totalement ignorée, alors que la musique improvisée européenne depuis la fin des années soixante est un vecteur féministe incontournable. Voir dans la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) Free Jazz Women, Jazz et féminisme, Joëlle Léandre met les pieds dans le plat,  Jazz et Gender Studies...
http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-84.html

[b][i]cherchez 'ceux et celles d'en bas'[/i][/b]

la plupart des musiciens de musique contemporaine, improvisée ou pas, ne sont pas d'origine populaire, sauf précisément là où ils se réfèrent au jazz, comme de nombreux groupes français dans les années 60 et 70

le jazz fut non seulement une musique populaire mais celle d'une communauté dominée racialement, pour sa libération, avec de très forts liens entre les deux, dont témoignent mes textes en détail et sous nombre d'aspects, la dimension du genre absente de mes textes de 2002 étant abordée dans l'improvisation chez [i]Jazzitude[/i] en 2013 : [url=http://jazzitude.forumactif.com/t4316-la-femme-est-l-avenir-du-jazz-female-jazz-instrumentalists]La femme est l'avenir du jazz (female jazz instrumentalists)[/url]

[b][i]l'Occident en mâle de la théorie[/i][/b]

le 'courant communisateur' et Théorie Communiste' en particulier ne sont pas responsables de ce qui est fait de leurs thèses. Cependant force est de constater que le parallèle, au niveau où il est établi, a de fort relents d'occidentalisme et de rejet dans l'ombre de la question sociale à travers la race et le genre

pour ce qu'il ne dit pas, ce texte est raciste et sexiste, pour ce qu'il dit comme il le dit il intéresse les artistes de couches moyennes menacés tant par le capital de perdre leur statut culturel privilégié, que par le communisme de devenir des êtres comme les autres, pratiquant entre autres les arts comme disait en substance Marx

[b][i]d'un savoir écouter[/i][/b]

pour qui n'est pas musicien, et non familiarisé avec les ingrédients qui font le jazz et particulièrement l'improvisation individuelle ou collective, voir[i][b] le jazz 'pour les nuls', d'un savoir écouter[/b][/i] > http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-188.html

enfin, dans le cadre de ma critique du courant communisateur, un parallèle avec l'improvisation collective qui ne concerne pas les rapports sociaux évoqués plus haut mais les pratiques théoriques ou militantes

[b][i]pratiques pratiques, la communisation sans partition [/i][/b]

que dire ? on part d'une idée pleine de potentialités dans la réalité sociale et la perspective communiste, un faire sans discours mais non sans savoirs dépassés, et on aboutit à une intellectualisation qui, en vidant la substance, s'apparente à un viol du réel par ses théoriciens

[b][i]abolir l'art séparé, qu'il soit ou non improvisé[/i][/b]

gage que ceux qui sont concernés, soit en tant que musiciens soit en tant qu'ils se battent contre le capital à un titre ou un autre, n'ont que faire de comparaître ainsi comme objets d'une comparaison vidée de puissance libératrice

de fait, l'enjeu de l'avenir de la musique et de tout art, c'est de renouer avec sa fonctionnalité sociale telle qu'elle existait dans les musiques liées aux rythmes de la vie, telle qu'elle existait avant l'ère moderne et capitaliste, sans séparation entre un public et des musiciens sur une scène, pour un spectacle. Il est évident que là se trouve ce qui donne à l'improvisation sa raison d'être, un rapport vivant, interactif, non séparé, et que la question ne porte pas sur l'improvisation en elle-même

ces éléments-là, on les retrouvent liés aux luttes de libération au USA dans les années 60, que ce soit avec le free-jazz ou les prémisses du hip-hop, quand les musiciens jouaient gratuitement dans la rue, dans les hôpitaux... voir RIP Brother Amiri BARAKA LeRoi JONES

on retrouve par conséquent la question des formes de vies et rapports sociaux détruits par le capitalisme dès son apparition, avec la destruction des communs

[b][i]le communisme, c'est l'homme sans qualité et la musique sans propriété : place aux communs[/i][/b]

la musique était une forme de communs dont furent désaisis ceux qui les partageaient dans la gratuité. L'appropriation de la musique fut doublement celle de spécialistes coupés du peuple et des marchands, jusqu'à son état de marchandise de plus en plus avariée et les contradictions inhérente au statut séparé de lartiste-musicien

[i]je reviendrai éventuellement sur le texte espagnol à partir de sa traduction en français[/i]

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