Lenny Popkin New York Moment

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Lenny Popkin New York Moment

Message  Kalidas le Ven 16 Déc 2005 - 22:30

[img]http://img437.imageshack.us/img437/4310/popkin1da.jpg[/img]



LENNIE POPKIN (ts) / Eddie Gomez (b) / Carol Tristano (dr) : New York Moment (sorti chez Paris Jazz Corner Productions) 27 february 2004.

Si l’on peut parler d’un musicien méconnu, c’est bien de Lenny Popkin dont il s’agit : j’ai eu le bonheur et l’honneur de pouvoir écouter ce musicien singulier au Sunset à Paris, en avril 2002, en trio avec Jean-Philippe Viret (b) et Carol Tristano (dr) le fille de Lennie Tristano. A nouveau en 2004.

Commence par jouer de…l’ukulélé, de l’harmonica, de l’accordéon, de la batterie, du violon, de l’alto et enfin du ténor : ENERVANT, NON ?

Ce disque est celui d’un musicien singulier, qui a peu enregistré (né en 41, il enregistra son premier disque en 79, à 38 ans !, (ça laisse de l’espoir à beaucoup, moins à moi, hélas, mais passons), et depuis pas plus d’une dizaine…

Un son de ténor unique, à « fleur de gorge », fragile, sans brillance, ou presque, le sax se fait flûte, de longues lignes serpentines à l’extraordinaire fluidité. Pas d’exposition des thèmes, même sur les plus rebattus (un splendide [i]Body and Soul[/i], d’une rare poésie) le chant s’installe immédiatement sur la grille. Et par dessus tout, une émotivité sans faux semblant. Ce grand monsieur ne triche pas, ne se la joue pas, mais vit ce qu’il joue. Il faut le voir, perdu en lui-même, dans des ailleurs rêvés, feutrés, déroulant son fil prêt à se rompre mais qui ne casse jamais.

Techniquement irréprochable, il se rapproche de Warne Marsh et de Lee Konitz, par une approche plus verticale qu’horizontale du chorus, palliant ainsi à l’absence de soutien harmonique, en dehors de celui de la basse, et déroulant ses phrases sans tenir compte vraiment des barres de mesure, étirant ses notes par-dessus (voie ouverte par Lester Young), sur [i]New York Moment[/i] par exemple, (qui n’est autre qu’une relecture de Out of nowhere). A noter, pour les saxophonistes, les notes dépitchées par en-dessous (bent notes).

C’est toute l’école de Lennie Tristano, versant minimaliste, dont Popkin reste le dernier disciple encore en activité.

Petite piste d’approche : le ténor Mark Turner qu’on a pu entendre dernièrement au sein du big band de Dave Holland a dans sa manière sonore et dans son inspiration une parenté directe avec Marsh et Popkin.

Ses deux vieux complices -Eddie Gomez (dr), Carol Tristano (dr)- sont en parfaite osmose. Gomez est excellent, profondément attentif (belle intervention, entre autres, sur [i]Like a dream[/i]). Carol Tristano, et son jeu volontairement inexpressif comme toujours, quelle leçon d’abnégation, s’autorise quelques bizarres envolées cubistes ([i]Another time[/i]).

Chaudement recommandé, vous l'aurez compris !

Kalidas
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