Albert Ayler : My name is Albert Ayler

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Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Kalidas le Ven 3 Fév 2006 - 18:59

[center][img]http://img523.imageshack.us/img523/3964/ayler1os.jpg[/img][/center]

A la demande expresse de l’ami Chet, voici un superbe Albert Ayler, peut-être plus recueilli ici qu’ailleurs -du fait d’une rythmique classique et de la présence de NHOP (b) sans doute-, et qui délivre son chant, son appel, loin de l’idée que l’on se fait du free, (le free, rappelons-le, n’est pas descendu du ciel tout seul, ex nihilo, pour tomber dans un ragoût infâme de bruits gratuits et d’anarchie irréfléchie). Il y a du Sacré (negro-spirituals) là-dedans, et du blues, et du plus rude.

Ayler ce n’est pas du free, le free n’est que peanuts à côté, Ayler c’est le Saint-Esprit.

Chez Ayler, le saxophone n’a jamais été aussi proche de la voix. Une version de Bye bye blackbird, au soprano, une autre de Billie’s bounce au tenor, les deux posées sur des grilles tout à fait orthodoxes, très respectueuses des originaux (le billie’s bounce) sur lesquelles Ayler se démarque comme à son habitude et bien sûr ça frotte, ça part en volutes de raucités legato avec ce légendaire vibrato, et cette puissance de souffle incroyable.

Soit dit en passant, je ne sais pas ce qu’il utilisait comme anches, pour produire un volume pareil, sans doute s’en taillait-il à la serpe dans des lattes (en chêne) de parquet.

Excellent moyen aussi si vous avez des fâcheux à dîner qui s’attardent trop à table, et dont vous voulez vous débarrasser, d’en faire un tri radical. Vous les verrez décalter vite fait pour aller écouter de l'André Rieu, (ah non, c'est juré, croix de bois croix de fer...je ne vise personne ), vous serez ainsi définitivement fixés sur leur compte et vous vous aurez gagné largement au change en décollant avec The Holy Ghost.

[center]Introduction by Albert Ayler
Bye bye blackbird
Billie’s bounce
Summertime
On Green Dolphin street
C.T.

Albert Ayler (ts, ss)
Niels Bronsted (p)
Niels-Henning Orsted Pedersen (b)
Ronnie Gardiner (dr)

Black Lion 760211, Copenhagen, January14, 1963[/center]

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Invité le Lun 17 Juil 2006 - 9:39

[quote]A la demande expresse de l’ami Chet[/quote]

Menteur!

[quote]la présence de NHOP [/quote]


Que diable allait-il faire dans cette galère?

[quote]Ayler c’est le Saint-Esprit[/quote]

Amen!

Bonche, j'ai pas écouté Ayler depuis presque trente ans j'avoue... A l'époque, ça m'avait tellement emmerdé que j'avais revendu mes 33T

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  jacquesp le Lun 17 Juil 2006 - 17:56

Saint Ayler!
Bien d'accord avec toi Kalidas.
J'ai pas "compris" ( apprécié à sa juste valeur ) tout de suite le bonhomme. Il m'a fallut plusieurs essais.
J'étais jeune et ignorant...

Un autre album, accessible aussi, de Ayler que j'aime vraiment c'est "Music Is the Healing Force of the Universe"....

("New Grass" a été réédité il y a peu je crois... il est sur ma liste!)

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Kalidas le Lun 17 Juil 2006 - 18:31

Il me semble bien que c'est Ayler lui-même l'auteur de :

"Trane was the Father. Pharoah was the Son. I was the Holy Ghost"

Là, ça passe, ça sonne !

Mais si je dis :

"LeFred was the Father. Chet was the Son. I was the Holy Ghost"

On se roule par terre ! Je me demande bien pourquoi......

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Agassi le Lun 11 Aoû 2008 - 22:29

[quote:9aa5="jacquesp"]Un autre album, accessible aussi, de Ayler que j'aime vraiment c'est "Music Is the Healing Force of the Universe"....

("New Grass" a été réédité il y a peu je crois... il est sur ma liste!)[/quote]
"Music Is the Healing Force of the Universe" est le dernier disque publié du vivant d'Albert Ayler - un disque plus intéressant que "New Grass" à mon sens, même si ce dernier est un disque que j'ai appris à aimer avec les années.
"Music Is the Healing Force of the Universe" reprend un peu les choses où Ayler les avait laissé sur "Love Cry" - l'influence de Coltrane est très présente.

Pour les amateurs de la dernière période, il faut absolument se procurer les "Nuits De La Fondation Maeght".

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Duppy le Mar 12 Aoû 2008 - 9:10

Puisqu'on parle de New Grass, je l'ai écouté récemment suite à la lecture de "Great Black Music" de Philippe Robert. Voici ce que j'en pense :

[url=https://servimg.com/image_preview.php?i=368&u=11554301][img]https://i45.servimg.com/u/f45/11/55/43/01/newgra10.jpg[/img][/url]

[b]Albert Ayler - New Grass (Impulse! - 1968)[/b]

1 - New Grass / Message From Albert
2 - New Generation
3 - Sun Watcher
4 - New Ghosts
5 - Heart Love
6 - Everybody's Movin'
7 - Free At Last!

Albert Ayler (tenor sax, vocals, human whistle, recitation), Bill Folwell (bass, electric bass), Bernard "Pretty" Purdie (drums)
Joe Newman, Burt Collins (trumpet), Garnett Brown (trombone), Seldon Powell (flute, tenor sax), Buddy Lucas (baritone sax, bass), Carl Cobbs (organ, piano, harp, electric harpsichord), Rose Marie McCoy (vocals), backup singers (?)

New York City, les 5 et 6 septembre 1968

[quote:6b8a="Philippe Robert"]Albert Ayler commença par jouer, plus ou moins professionnellement, avec Lloyd Pearson, avant qu'il n'intègre les Jukes, en 1952, à la demande de Little Walter. Il écoutait alors le saxophoniste ténor texan Illinois Jacquet dont il retiendra l'exubérance, le lyrisme fougueux et les sifflements dans les suraigus. Parallèlement, Ayler s'avéra fasciné par la musique d'église, le gospel, les prêches, puis la musique de vénerie. La rupture qu'il incarna s'exerça par rapport aux notions traditionnelles d'harmonie et de phrasé. Les vibrations du Divin, comme il le laissait entendre, irriguaient son jeu, marqué par une sonorité au vibrato hors norme que l'on a souvent qualifié de paroxystique et d'agressif alors qu'il n'était que beauté transcendée. Ted Joans raconte en termes imagés la première fois qu'il entendit Ayler : "Le son était très différent, si rare et si sauvage, c'était comme si l'on avait crié "Fuck" dans la cathédrale Saint Patrick pendant la messe de Pâques !". La musique jouée ce jour-là n'avait effectivement rien à voir avec quoi que ce soit de connu. On a parlé à son sujet d'une esthétique du cri, mais les tensions générées se révélaient paradoxalement apaisantes pour qui savait s'y abandonner. Le chant d'Ayler n'a jamais été qu'une plainte, à la fois réjouissante et funèbre. Sa musique, pure de toute supercherie, possède certes quelque chose de la puissance dévastatrice du cri, mais d'un cri qui aurait livré toutes les batailles et n'aspirerait plus qu'à l'allégresse. Passé un certain stade, Albert Ayler ne se refusa plus rien. C'est ainsi qu'il incorpora à son orchestre l'électricité - celle propre au rock - et des rythmes binaires, à l'origine d'un malentendu auprès de ses fidèles laudateurs qui eurent du mal à le suivre lorsque, sur les conseils de Mary Maria - sa compagne - et du producteur Bob Thiele, il se lança dans l'enregistrement de [i]New Grass[/i], épaulé par le bassiste Bill Folwell et le batteur (repéré aux côtés d'Al Kooper et Larry Coryell) Bernard "Pretty" Purdie. Est-il besoin de le préciser : Albert Ayler se situait bien au delà du seul free. Il n'était pas l'homme d'un genre musical unique, aussi marquante qu'ait pu être son influence dans ce cadre. Même si de nombreux musiciens de jazz, à la même époque, se sont engagés de façon plus ou moins opportuniste dans le rock, Ayler n'a pas du tout tenté la même choses, sa musique n'ayant jamais été qu'un temple rassemblant et prêchant pour l'harmonie universelle.[/quote]
Je n'avais jamais écouté ce "New Grass", mais je connaissais sa réputation sulfureuse : Ayler aurait été tenté par les sirènes de l'argent pour sombrer dans le commercial, la si honnie "musique populaire", une hérésie pour les puristes du jazz qui l'avaient placé si haut...
Car il ne faut s'y tromper, plus que du rock, cet album est un album de Rhythm'n'Blues, tout y est : la rythmique électrique, le boogaloo, les chœurs féminins. et même le jeu d'Ayler, ce hurleur suraigu dont Philippe Robert rappelle avec justesse l'influence d'Illinois Jacquet. Et pourtant, quoi d'étonnant quand on connait les origines musicales d'Ayler ? On pourrait même parler d'un retour aux origines : le blues, l'église, le gospel, la soul. Je suis en tout cas prêt à parier, à l'instar de Philippe Robert, que sa démarche n'avait rien d'opportuniste. On ressent tellement dans ce disque l'âme et la sincérité.

Dans les conseils de bas de page, on peut lire les noms de Pharoah Sanders, Archie Shepp, Frank Wright, David Murray, David S. Ware... Tous des saxophonistes libres et intenses. Et pourtant, à l'écoute de ce "New Grass", le nom qui me vient de suite à l'esprit est celui de Roland "Rahsaan" Kirk qui avait réalisé une démarche équivalente avec ses disques "Volunteered Slavery" (1968) et "Blacknuss" (1971).

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

Message  Agassi le Mar 12 Aoû 2008 - 12:57

40 ans après sa sortie, la controverse qui entoure "New Grass" est quelque peu retombée. La question qui se pose n'est pas tant de savoir si Albert Ayler se serait vendu (de nombreux disques dits commerciaux sont excellents) que de savoir si, au regard du reste de sa discographie, "New Grass" est l'un de ses moments forts.
Pour être franc, des quatre disques Impulse! publiés de son vivant, "New Grass" est clairement le moins fort.

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Re: Albert Ayler : My name is Albert Ayler

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