Ouaf.. vaste sujet...
Il est vrai que la grosse caisse qui ponctue tous les temps vient en droite ligne du style New Orleans ou
middle jazz, et que c'est Chick Webb et Kenny Clarke qui les premiers ont tenté de l'utiliser pour souligner certains aspects de leur jeu ("dropping bombs", comme on disait). Mais tout est question de feeling, et de sensibilité personnelle...
Dans "Une histoire de la batterie de jazz" de Georges Paczynski (éd. Outre Mesure, 1997), fabuleux bouquin en trois volumes, on peut lire une citation de Cozy Cole (dans le volume I) : "
La grosse caisse est l'élément primordial de la batterie. Quelle peut bien être l'utilité d'un batteur qui n'est pas capable de tenir un tempo ? Tenir un tempo, cela ne veut pas dire le marquer continuellement d'une manière mécanique, mais faire en sorte qu'il soit toujours présent même quand il est sous-entendu."
Et plus loin : "
S'asseoir et sentir aussitôt la pulsation de l'orchestre, et cela sans forcer, avec le pied qui bat tout seul, voilà ma définition du swing."
Sam Woodyard, le batteur de Duke, disait de Dave Tough : "
... il évitait que sa grosse caisse ne couvre la contrebasse afin qu'on entendît ce que jouait le bassiste. (ça tombe sous le sens, remarque)
En fait, vous sentiez davantage sa grosse caisse que vous ne l'entendiez."
Bref, on n'a pas fini d'en parler...